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24/08/2017 09:00 EDT | Actualisé 24/08/2017 14:07 EDT

Amnistie condamne l'utilisation de munitions trop puissantes à Raqqa

BEYROUTH — Les munitions imprécises et trop puissantes utilisées par les forces de la coalition contre Daech (le groupe armé État islamique) à Raqqa, en Syrie, font de nombreuses victimes civiles, dénonce Amnistie internationale dans un rapport dévoilé jeudi.

Alors que la lutte pour Raqqa s'intensifie, «des milliers de civils sont coincés dans un labyrinthe mortel dans lequel ils essuient des tirs provenant de toutes les directions», a dit Donatella Rovera, une employée de l'organisation londonienne de défense des droits de la personne qui a étudié l'offensive de Raqqa pendant une semaine à la fin du mois de juillet.

L'ONU a indiqué de son côté, aussi jeudi, qu'environ 20 000 civils sont utilisés comme «boucliers humains» par les djihadistes dans cinq quartiers de la ville, où ils sont soumis aux bombardements et aux frappes aériennes incessants des forces de la coalition et des Forces démocratiques syriennes.

Un représentant onusien, Jan Egeland, a dit que le moment est venu d'envisager toutes les options, y compris une pause humanitaire, pour permettre aux civils de s'échapper.

Un porte-parole de la coalition, le colonel Joe Scrocca, a dit que tout est fait pour minimiser les pertes de vies civiles, mais que cela fait malheureusement partie de tout conflit armé.

Amnistie affirme que la campagne américaine a fait 95 morts en juin et en juillet, dont 41 enfants et 25 femmes. L'organisation dit avoir rencontré des dizaines de civils, de travailleurs humanitaires et d'employés médicaux.

Amnistie dit que les États-Unis ont notamment fourni à leurs alliés kurdes des mitrailleuses Howitzer qui tirent des balles de 155 mm et des mortiers de 227 mm guidés par GPS. Les forces locales disposeraient de mortiers de 120 mm.

Le rapport du groupe explique qu'il est impossible de pointer de telles armes vers une cible précise et que leur impact se fait sentir dans un rayon important.