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24/08/2017 00:06 EDT | Actualisé 24/08/2017 00:20 EDT

Afghanistan: le plus haut diplomate chinois défend le Pakistan face à Tillerson

Le plus haut diplomate chinois, Yang Jiechi, a défendu "le rôle important" joué par le Pakistan dans "le dossier afghan", lors d'un appel téléphonique au secrétaire d'Etat américain Rex Tillerson, après de violentes critiques de Washington à l'encontre d'Islamabad.

Le territoire pakistanais "est souvent un refuge pour les agents du chaos", avait dénoncé lundi sans détours le président américain Donald Trump, accusant le Pakistan "d'abriter des criminels et terroristes" déstabilisant l'Afghanistan voisin.

La Chine affiche une ligne bien différente.

"Nous devons attacher une grande attention au rôle important joué par le Pakistan dans le dossier afghan", a plaidé le conseiller d'Etat Yang Jiechi, architecte de la diplomatie chinoise, dans une conversation mercredi avec Rex Tillerson.

"Nous devons respecter la souveraineté (du Pakistan) et ses inquiétudes légitimes concernant sa sécurité", a-t-il insisté lors de cet appel téléphonique, selon un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

C'est la deuxième fois cette semaine que Pékin prend la défense d'Islamabad. Hua Chunying, porte-parole de la diplomatie chinoise, avait fait l'éloge des "grands sacrifices et grands efforts (du Pakistan) dans la lutte contre le terrorisme".

Plus généralement, la Chine est déterminée à "faire progresser le processus de paix et de réconciliation en Afghanistan" mais estime que le dialogue politique est "la seule façon de trouver une solution", a insisté Yang Jiechi.

Pékin s'est engagé à investir environ 50 milliards de dollars au Pakistan dans le cadre de projets d'infrastructures dévoilés en 2015, destinés à relier la région chinoise du Xinjiang au port pakistanais de Gwadar.

Washington avait déjà mis dans le passé la pression sur Islamabad, jugé trop tendre vis-à-vis du réseau Haqqani, allié des talibans afghans et considéré comme lié aux services secrets pakistanais.

Mais, de la part d'un occupant de la Maison Blanche, la charge de lundi était d'une violence inédite à l'égard d'un pays qui reste un allié des Etats-Unis dans la région, et une puissance nucléaire à l'équilibre fragile.

Le Pakistan, qui avait pris les devants en assurant dès lundi n'abriter plus "aucune structure organisée d'aucun groupe terroriste", a protesté mardi contre des critiques "décevantes".

Les commentaires de Yang Jiechi interviennent sur fond de vives tensions entre Pékin et Washington, autour des pratiques commerciales du géant asiatique et à la suite de nouvelles sanctions américaines visant des entités chinoises commerçant avec la Corée du Nord.

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