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17/08/2017 02:07 EDT | Actualisé 17/08/2017 02:20 EDT

Putsch manqué en Turquie: 9 collaborateurs de médias incarcérés

Les autorités turques ont incarcéré neuf personnes dans le cadre d'une enquête sur les liens entre les médias et les réseaux du prédicateur Fethullah Gülen, accusés par Ankara d'avoir fomenté le putsch manqué de juillet 2016, a rapporté l'agence Anadolu.

Des mandats d'arrêt avaient été émis le 10 août à l'encontre de 35 collaborateurs actuels ou passés de médias, et onze d'entre eux avaient été interpellés.

Deux ont été placés en liberté provisoire et neuf ont été incarcérés mercredi pour "appartenance à une organisation terroriste armée", selon l'agence progouvernementale Anadolu mercredi soir.

Parmi les personnes incarcérées figurent notamment Burak Ekici, responsable du site web du quotidien d'opposition BirGün, mais aussi Yasir Kaya, ancien directeur de l'information de la chaîne de télévision du club de Football Fenerbahçe, précise le quotidien Hürriyet.

Selon Anadolu, les autorités soupçonnent les 35 suspects d'avoir utilisé l'application de messagerie cryptée ByLock, qu'Ankara considère comme l'outil de communication privilégié des putschistes présumés.

Les organisations de défense de la liberté de la presse dénoncent des atteintes régulières à cette liberté de la part des autorités turques, notamment depuis la tentative de coup d'Etat.

De nombreux médias ont été fermés et une centaine de journalistes arrêtés dans le cadre de l'état d'urgence en vigueur depuis le putsch manqué.

Plusieurs journalistes étrangers ont également été incarcérés en Turquie ces derniers mois, comme le Germano-Turc Deniz Yücel depuis février, et le Français Loup Bureau interpellé le 26 juillet.

Les autorités turques nient régulièrement toute atteinte à la liberté de la presse, affirmant que seuls sont arrêtés les journalistes liés à des "organisations terroristes", expression désignant surtout les séparatistes kurdes du PKK et le réseau güléniste.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par Reporters sans Frontières (RSF).

lsb/glr