NOUVELLES
17/08/2017 02:21 EDT | Actualisé 17/08/2017 02:40 EDT

Les leaders emprisonnés du mouvement des parapluies de Hong Kong

Les trois leaders de la "révolte des parapluies" condamnés jeudi à des peines de prison représentaient l'avant-garde de l'immense mouvement prodémocratie qui avait paralysé des quartiers entiers de Hong Kong à l'automne 2014, dans un geste de défi inédit contre Pékin.

Les défenseurs des droits et les partisans de Joshua Wong, Nathan Law et Alex Chow les disent victimes de "persécution politique". Ils ont été condamnés respectivement à six, huit et sept mois d'emprisonnement pour leur rôle dans une manifestation qui avait déclenché le mouvement.

Voici quelques éléments biographiques sur les trois jeunes militants.

Le visage du mouvement: Joshua Wong

Frêle silhouette, lunettes sur le nez, un air perpétuellement studieux sur son visage enfantin, Joshua Wong est devenu à l'âge de 17 ans le symbole improbable du "mouvement des parapluies". Il a inspiré des centaines de milliers de Hongkongais descendus dans la rue pour réclamer un véritable suffrage universel dans l'ancienne colonie britannique revenue en 1997 dans le giron chinois.

Cette version hongkongaise de l'histoire du combat de David contre Goliath, en l'occurrence Pékin qui n'avait pas reculé d'un pouce, avait fait le tour du monde.

Les magazines Time, Fortune et Foreign Policy avaient vu en lui l'une des personnalités les plus influentes de la planète. Un documentaire, "L'adolescent face à la superpuissance" lui a été consacré et est disponible sur Netflix.

Le jeune homme de 20 ans, étudiant à la Open University of Hong Kong, a déclaré qu'il était mentalement prêt à purger une peine de prison et qu'il continuerait à étudier derrière les barreaux mais qu'il se sentait "coupable" pour l'épreuve infligée à ses proches.

Ses parents Grace et Roger Wong sont des chrétiens qui appartiennent à la classe moyenne. Wong a entamé sa carrière militante à 13 ans en manifestant contre un projet de train à grande vitesse entre Hong Kong et le continent.

L'année suivante, il a fait campagne avec succès pour que Hong Kong abandonne un programme scolaire prochinois, ralliant à sa cause 120.000 personnes.

Après l'échec de la révolte, il s'est vu interdire l'entrée en Malaisie et en Thaïlande, a été attaqué dans la rue et insulté par des manifestants prochinois à Taïwan.

Mais il ne s'est pas laissé démonter. "J'espère que personne ne perdra espoir pour Hong Kong, on peut toujours gagner", lançait-il dans un de ses derniers discours.

Le député disqualifié: Nathan Law

On a souvent vu Nathan Law, 24 ans, aux côtés de Wong pendant le "mouvement des parapluies".

Les deux jeunes gens ont ensuite crée le parti Demosisto qui milite pour l'autodétermination de Hong Kong.

Law est devenu à l'automne le plus jeune député de Hong Kong. Mais en juillet, il a été disqualifié par la justice au motif qu'il avait modifié sa prestation de serment pour signifier son hostilité envers la Chine.

Il avait en particulier cité Gandhi: "vous ne pourrez jamais emprisonner mon âme".

Né sur le continent dans une famille ouvrière, Nathan Law est arrivé à l'âge de six ans à Hong Kong, et songeait à devenir journaliste ou acteur.

Il eut sa révélation lors d'une assemblée à l'école au cours de laquelle Liu Xiaobo, le prix Nobel de la paix chinois aujourd'hui défunt, avait été critiqué. Ce fut le début de son militantisme politique.

De retour sous les projecteurs: Alex Chow

Chow, 26 ans, s'est également retrouvé sur le devant de la scène en 2014 en tant que leader du mouvement, refusant tout compromis sur la revendication première des manifestants, des élections libres.

Alex Chow a raconté les pressions que lui ont fait subir ses parents, des modérés pro-establishment, pendant toute la durée de la révolte.

Après l'échec de celle-ci, il avait pris ses distances avec la politique pour se consacrer à ses études.

A la veille de son placement en détention, il conservait une attitude de défi, disant à l'AFP qu'il n'avait pas peur.

"Quand nous sommes prêts à sacrifier ce que nous avons, il n'y a rien à craindre".

Il s'est préparé à la prison en reportant sa thèse de masters à la London School of Economics et prévoyait aussi de repousser son inscription à un doctorat de géographie à la prestigieuse université de Berkeley, en Californie.

at/lm/ev/elp