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17/08/2017 09:38 EDT | Actualisé 17/08/2017 10:00 EDT

Les flammes ravagent toujours le centre du Portugal, deux mois après Pedrogao Grande

Un important feu de forêt continuait jeudi de ravager la région de Maçao, dans le centre du Portugal, mobilisant à lui seul près de 900 pompiers, tout juste deux mois après la mort de 64 personnes près de Pedrogao Grande.

Sur l'ensemble du pays, plus de 1.700 soldats du feu, appuyés par près de 500 véhicules et une vingtaine d'avions ou hélicoptères bombardiers d'eau, tentaient de venir à bout de 16 foyers actifs en fin de journée.

L'incendie le plus préoccupant s'est déclaré la veille près de Maçao, située à 40 km au sud de Pedrogao Grande. Déjà touchée par un premier incendie fin juillet, cette commune a vu partir en fumée "80 à 90%" de sa surface, selon le maire Vasco Estrela.

Alors que les pompiers concentraient leurs efforts dans la commune voisine de Sardoal pour tenter de freiner la progression du brasier, la bourgade de Maçao et ses près de 2.000 habitants se sont à nouveau retrouvés cernés par les flammes, comme pendant la nuit, a constaté un journaliste de l'AFP.

Depuis mercredi dernier, les incendies dans cette partie du pays ont fait au moins 86 blessés, dont sept graves, et environ 130 personnes ont été évacuées des villages autour de Maçao, Sardoal et Abrantes, a indiqué la protection civile.

Il y a une semaine, les près de 40.000 habitants de la ville d'Abrantes, située à 20 km de Maçao, avaient eux aussi vécu des moments de panique en voyant les flammes s'approcher des faubourgs industriels.

L'autoroute qui traverse la zone a de nouveau été coupée jeudi. La circulation a également été interrompue sur l'axe qui relie Lisbonne à Porto en raison d'un foyer qui faisait rage dans la région d'Aveiro (nord).

Face à une météo faisant prévoir une nouvelle hausse du risque d'incendie dans les prochains jours, le gouvernement a décidé jeudi de décréter l'état de calamité publique dans plusieurs régions du centre et du nord du pays.

- 141.000 hectares brûlés -

Dans l'ensemble du Portugal, les feux de forêt et de broussailles ont ravagé 141.000 hectares depuis le début de l'année, soit trois fois plus que la moyenne observée au cours de la dernière décennie, selon une estimation provisoire.

Chaque jour, sous des températures caniculaires, des milliers de pompiers sur le pied de guerre luttent contre d'incessants départs de feu : jusqu'à 268 samedi, un record depuis le début de l'année.

Le Portugal a reçu de nouveaux renforts fournis par l'Espagne dans le cadre du mécanisme d'entraide européenne. En plus d'un Canadair marocain, les pompiers comptaient jeudi sur le soutien de 160 hommes, 27 véhicules et 4 avions anti-incendie venus du pays voisin.

Les autorités ont interpellé 91 incendiaires présumés depuis le début de l'année. Il s'agit là encore d'un record, a souligné la ministre de l'Intérieur, Constança Urbano de Sousa, ajoutant que "la plupart des incendies sont d'origine humaine, par négligence ou malveillance".

Pour marquer les deux mois écoulés depuis la mort de 64 personnes à Pedrogao Grande et dans les communes voisines de Figueiro dos Vinhos et Castanheira de Pêra, le Premier ministre Antonio Costa et le président Marcelo Rebelo de Sousa se trouvaient sur place jeudi.

Il aura fallu cinq jours pour maîtriser ce gigantesque brasier, qui a également fait plus de 250 blessés et endommagé près de 500 maisons, dont 160 résidences principales.

La plupart des victimes ont péri le 17 juin dans leur voiture, piégées sur une route nationale alors qu'elles tentaient de fuir les flammes qui progressaient à une vitesse inouïe, certains survivants décrivant même une tornade de feu.

Alors que les populations locales dénoncent la lenteur des travaux de reconstruction, la tragédie a suscité un vif débat au sujet de l'inefficacité des services de secours et des politiques d'aménagement des forêts.

Le Parlement portugais a adopté en juillet plusieurs volets d'une réforme des forêts visant notamment à réduire la plantation d'eucalyptus, espèce la plus répandue sur le territoire et très inflammable.

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