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17/08/2017 06:55 EDT | Actualisé 17/08/2017 07:02 EDT

Charlottesville: Salman Rushdie n'est pas surpris par les remarques de Trump

TORONTO — Pendant que Donald Trump continue de susciter la colère de bien des Américains en blâmant les deux camps pour la manifestation meurtrière de samedi à Charlottesville, en Virgine, l'auteur Salman Rushdie affirme ne pas être surpris par les paroles du président américain.

«Si vous aviez vécu à New York comme je l'ai fait au cours des quelques 20 dernières années, nous à New York, nous avons vu Trump», affirme le célèbre écrivain qui publie ces jours-ci «The Golden House», une nouvelle qui a comme toile de fond la scène politique américaine des huit dernières années.

«On l'a vu ici et les gens de New York ont compris qui il était il y a un bon moment. Tout le monde savait qui il était et c'est comme si le reste des États-Unis découvrait maintenant ce que les New-Yorkais savent depuis longtemps.»

«Ce n'est pas une surprise que Trump se comporte ainsi», laisse tomber M. Rushdie, dans une entrevue réalisée mercredi.

Lors d'un point de presse tenu la veille, le président américain semblait, une fois de plus, mettre sur un pied d'égalité les groupes suprémacistes blancs et ceux qui manifestaient contre eux à Charlottesville.

Des violences ont éclaté, samedi, après que des nationalistes blancs, des néonazis et d'autres groupes d'extrême-droite se soient rassemblés dans la ville pour protester contre la décision du conseil municipal de retirer une statue du général confédéré Robert E. Lee.

Heather Heyer, une femme de 32 ans, est décédée lorsqu'un homme a foncé en voiture sur un groupe qui protestait contre ces manifestants d'extrême-droite.

Les remarques de Donald Trump ont été vertement condamnées, même au sein de son propre parti.

«On dirait qu'il a beaucoup de difficulté à condamner les néonazis. On dirait que c'est physiquement difficile pour lui de le faire, estime M. Rushdie. Conséquemment, il se perd dans ces étranges diatribes dans lesquelles il fait de fausses équivalences morales entre l'extrême droite et la gauche.»

«S'il n'était pas président, cela ressemblerait aux vociférations d'un idiot. Mais puisqu'il est l'homme le plus puissant du monde, c'est très alarmant de le voir lancer une série de sifflements qui sont... repris assez clairement par l'extrême-droite jusqu'au point où David Duke (l'ex-leader du Ku Klux Klan) envoie des remerciements à Trump pendant son point de presse.»

«La destruction qui a été créée au cours des six derniers mois est impossible à exagérer», a-t-il ajouté.