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16/08/2017 03:51 EDT | Actualisé 16/08/2017 04:00 EDT

Méditation forcée: controverse autour d'une vidéo du chef de la police sri lankaise agressant un employé

Une vidéo montrant le chef de la police sri lankaise agressant avec colère un employé parce qu'il refuse de participer à une séance de méditation obligatoire a provoqué une controverse dans ce pays à majorité bouddhiste.

Dans des images de vidéosurveillance ayant fuité, on peut voir l'Inspecteur général Pujith Jayasundara attrapant un technicien par le cou en le secouant et en faisant des gestes menaçants, après que ce dernier ne s'est pas rendu à une session de méditation dans les quartiers généraux de la police.

Pujith Jayasundara, qui revendique avoir pu accéder à son poste élevé grâce aux rituels et aux prières bouddhistes, avait suscité la perplexité en février en rendant la méditation quotidienne obligatoire pour les 85.000 officiers et membres du personnel sous ses ordres.

Le porte-parole du gouvernement Rajitha Senaratne a déclaré que cet incident risquait d'embarrasser les forces de police sri lankaises, dont la réputation est déjà ternie par des allégations de maltraitances durant et après la longue guerre civile ayant opposé la majorité cinghalaise et la minorité tamoule entre 1972 et 2009.

"Si le chef de notre police se comporte ainsi, alors nous devrons accepter que des ONG internationales accusent notre police d'utiliser systématiquement la torture sur les suspects", a dit M. Senaratne aux journalistes à Colombo, la capitale.

"Donner de telles instructions pose de sérieuses questions dans une société multiculturelle et multi-religieuse comme la nôtre", a-t-il poursuivi.

Il n'a pas voulu préciser si le chef de la police avait lui-même participé à cette méditation avant l'agression.

Pujith Jayasundara n'en est pas à sa première controverse. Il avait déjà été mis en garde après avoir déclaré publiquement qu'il pourrait "tordre la loi sans l'enfreindre", ont indiqué des sources gouvernementales.

Le porte-parole de la police Ruwan Gunasekera a déclaré qu'aucune action disciplinaire n'avait été engagée contre M. Jayasundara, mais qu'une enquête était en cours pour déterminer l'origine de la fuite de la vidéo.

Pujith Jayasundara est le premier chef de la police à avoir été désigné par une commission indépendante mise en place après la fin de la guerre civile. Il ne peut être démis de son poste que par le Parlement.

aj/np/klm/la

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