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16/08/2017 03:53 EDT | Actualisé 16/08/2017 04:00 EDT

Liberté religieuse: la Chine rejette les critiques américaines

La Chine a rejeté mercredi toute atteinte à la liberté religieuse, après la publication d'un rapport du gouvernement américain accusant Pékin de persécutions contre des chrétiens, des membres de la secte Falun Gong et des bouddhistes tibétains.

"Ce soi-disant rapport ne tient pas compte des faits", a réagi Hua Chunying, une porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères. "La Chine est fermement opposée et a protesté officiellement auprès des Etats-Unis", a-t-elle souligné.

Le département d'Etat américain a publié mardi son rapport annuel sur les entraves à la liberté de culte et de croyance dans le monde. Parmi les principaux pays visés figurent la Chine, l'Iran, le Pakistan, l'Arabie saoudite ou encore la Turquie.

"Tout le monde constate que les Etats-Unis eux-aussi ne sont pas un pays parfait. Nous les appelons (...) à cesser d'utiliser la religion pour s'ingérer dans les affaires intérieures de pays tiers", a souligné Mme Hua.

Le Parti communiste (PCC) au pouvoir en Chine craint l'émergence de tout mouvement organisé qui échappe à son contrôle. Les religions en font partie et sont étroitement surveillées.

La Chine reconnaît ainsi dans sa constitution la "liberté de croyance religieuse" - c'est-à-dire celle de croire en une religion - mais pas la "liberté religieuse", aux contours plus vastes.

Le rapport américain pointe notamment la campagne menée l'an passé dans la province du Zhejiang (est) et visant à retirer les croix du sommet des églises locales. Les autorités arguent que ces symboles jugés trop ostensibles ne peuvent désormais être placés que sur la façade des lieux de culte. Une initiative considérée par ses opposants comme une répression religieuse.

Le mouvement de pratique spirituelle et physique Falun Gong, qui avait bénéficié d'un essor considérable et hors du contrôle du PCC dans les années 90, est banni en Chine depuis 1999, après une manifestation de 10.000 de ses adeptes devant le siège du gouvernement à Pékin.

Des membres assurent que des dizaines de pratiquants sont depuis décédés en détention, souligne le rapport américain.

Plusieurs Tibétains bouddhistes, notamment des membres du clergé, se plaignent quant à eux de restrictions: permis spécial pour voyager dans le pays, limitations du nombre de moines dans les monastères, ou encore interdictions du portrait du dalaï-lama.

Depuis 2009, une centaine de Tibétains, en très grande majorité des moines, sont morts après s'être immolés par le feu, selon l'association Campagne internationale pour le Tibet, basée aux Etats-Unis.

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