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16/08/2017 10:59 EDT | Actualisé 16/08/2017 11:20 EDT

La Colombie adopte un plan de protection des ex-guérilleros des Farc

Le gouvernement colombien a annoncé mercredi un plan de sécurité pour protéger les quelque 7.000 ex-guérilleros des Farc, après des assassinats dénoncés par les chefs de l'ancienne rébellion, qui va se convertir en parti politique.

Environ 5.000 soldats ont été déployés dans 10 zones présentant le plus de risques, sur les 26 où sont regroupés les anciens membres des Farc, dont le désarmement s'est achevé mardi, a expliqué le ministre de la Défense, Luis Carlos Villegas.

"La sécurité des démobilisés, des réincorporés (à la vie civile) est la priorité de la force publique", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse à Bogota.

Le président Juan Manuel Santos a proclamé mardi que le conflit de plus d'un demi-siècle avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes) est "vraiment" terminé, suite à leur désarmement prévu par l'accord de paix signé en novembre.

Selon les chefs des Farc, la grande majorité des ex-guérilleros devraient rester dans ces zones, où ils sont regroupés depuis huit mois pour préparer leur retour à la vie civile, et y développer des projets productifs.

Le ministère de la Défense a classé ces régions en fonction des risques, et dans chacune des dix plus exposées il maintiendra le dispositif militaire actuel, soit 450 à 500 effectifs de l'armée de terre.

Les 16 autres, où le niveau de risques est jugé moyen ou faible, compteront 281 militaires, en plus d'un dispositif policier, a ajouté M. Villegas.

Les chefs de ce qui fut la guérilla la plus puissante du continent américain ont exprimé leur préoccupation quant à la sécurité de ses membres. "La sécurité des Farc et de leurs familles est critique: il y a déjà eu 22 assassinats en 2017", a déploré Rodrigo Londoño, le leader des Farc, sur Twitter.

Au cours de la seule semaine écoulée, deux ex-guérilleros, qui avaient été amnistiés, ont été assassinés, a admis le ministre de la Défense.

M. Santos s'est engagé à garantir la sécurité des anciens rebelles. "Nous avons écouté les membres des Farc qui ont fait des réclamations recevables, disant que des membres de leur organisation ont été assassinés (...) Nous sommes déterminés à ne pas permettre que cela arrive", a-t-il déclaré mardi, lors d'un acte symbolique marquant la fin du désarmement des guérilleros.

Les derniers conteneurs transportant les armes, sous supervision de l'ONU, ont quitté les zones de regroupement. Elles seront fondues pour ériger trois monuments à la paix.

Les Farc, qui doivent lancer leur parti politique le 1er septembre à Bogota, ont par ailleurs remis aux autorités les derniers mineurs présents dans leurs rangs, ainsi que l'inventaire définitif de leurs biens qui serviront à dédommager les victimes.

Au total, 124 adolescents mineurs ont quitté les Farc, selon Paula Gaviria, conseillère présidentielle pour les droits humains.

Le conflit armé colombien a, au fil des décennies, impliqué une trentaine de guérillas -- dont l'Armée de libération nationale (ELN), dernière rébellion active avec laquelle le gouvernement négocie la paix depuis février -- des milices paramilitaires d'extrême droite et les forces de l'ordre. Il a fait au moins 260.000 morts, plus de 60.000 disparus et environ 7,1 millions de déplacés.

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