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16/08/2017 06:10 EDT | Actualisé 16/08/2017 06:20 EDT

Démolition de la maison d'un Palestinien ayant tué trois Israéliens en Cisjordanie

L'armée israélienne a détruit tôt mercredi la maison d'un Palestinien qui avait tué trois Israéliens dans une colonie de Cisjordanie occupée en juillet, au cours d'un accès de violence autour de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.

L'armée israélienne est arrivée dans le village de Koubar vers 3H00 du matin (00H00 GMT) avec deux bulldozers escortés par de nombreux véhicules militaires pour détruire la maison de deux étages, dont un était en cours de construction, ont rapporté des témoins.

L'opération a provoqué des affrontements. Une centaine de Palestiniens ont mis le feu à des pneus et lancé des pierres vers les soldats qui ont riposté à coups de projectiles anti-émeutes, a indiqué l'armée dans un communiqué.

Douze personnes ont été blessées par des balles caoutchoutées, a rapporté le Croissant-Rouge palestinien.

Un caméraman de presse palestinien qui était en train de tourner a été atteint en plein visage par l'une de ces balles alors que, selon une vidéo des faits, il semblait se tenir très à l'écart des heurts.

Le caméraman, Mohammed Radi, touché au nez, a été soigné dans un hôpital de Ramallah. L'armée israélienne, interrogée par l'AFP, a répondu "examiner" ce qui s'était passé.

La maison démolie appartenait à Omar al-Abed, un Palestinien de 19 ans qui s'était infiltré le 21 juillet dans la colonie de Neve Tsuf, aussi connue sous le nom de Halamish, au nord-ouest de Ramallah, et y avait mortellement poignardé un père israélien et deux de ses enfants. Blessé par balles par un voisin, il a été arrêté.

Selon les habitants de Koubar, l'armée israélienne a arrêté ces dernières semaines le père, la mère et trois frères d'Omar al-Abed. Ils sont soupçonnés d'avoir été au courant de son projet et de ne pas s'y être opposés, selon les médias israéliens.

Omar al-Abed avait exprimé dans ce qu'il présentait comme ses derniers mots sur Facebook son ressentiment contre les agissements israéliens à l'encontre des Palestiniens et avait évoqué la situation de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est, occupée et annexée.

L'esplanade, troisième lieu saint de l'islam également révéré par les juifs, était alors au coeur de nouvelles tensions qui ont donné lieu à deux semaines de manifestations et de violences quasiment quotidiennes entre Israéliens et Palestiniens.

Héritage de l'histoire, l'esplanade est administrée par la Jordanie. Mais Israël en contrôle tous les accès. La crainte qu'Israël ne cherche à prendre le contrôle total du site mobilise chroniquement les Palestiniens.

Les tensions sont retombées depuis. Mais la police israélienne a poursuivi les arrestations. Au cours de la semaine passée, elle a arrêté 72 Palestiniens, dont 43 ont été inculpés et sont toujours détenus pour leur implication présumée dans les violences les plus sérieuses de juillet, a indiqué la police dans un communiqué.

Israël démolit périodiquement les maisons de Palestiniens auteurs d'attaques anti-israéliennes.

Les détracteurs de cette mesure la dénoncent comme relevant du châtiment collectif et affectant des familles qui se retrouvent à la rue. Le gouvernement israélien défend l'effet dissuasif de ces démolitions pour ceux qui seraient tentés de passer à l'acte.

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