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14/08/2017 08:22 EDT | Actualisé 14/08/2017 08:40 EDT

Trump plante une nouvelle banderille dans les relations commerciales avec Pékin

Donald Trump va planter une nouvelle banderille dans le dossier des relations commerciales avec la Chine en annonçant lundi une enquête sur le dossier de la propriété intellectuelle sur fond de relations déjà tendues par le dossier nord-coréen.

Le président américain doit signer vers 19h00 GMT un "mémorandum", instruisant son représentant au Commerce Robert Lighthizer de mener une enquête visant à déterminer si la politique commerciale chinoise nuit aux entreprises américaines dans le domaine de la propriété intellectuelle.

Des responsables de l'administration américaine avaient accusé samedi sous le couvert de l'anonymat la Chine de "voler" les secrets technologiques américains.

Pékin a réagi lundi, avant même la signature effective du mémorandum, en mettant en garde contre "une guerre commerciale" avec les Etats-Unis.

"Il n'y a pas d'avenir possible dans le déclenchement d'une guerre commerciale. Personne n'en sortirait vainqueur, elle ne ferait que des perdants", a souligné la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying.

Les Etats-Unis constituent le deuxième partenaire commercial de la Chine après l'Union européenne (UE), mais les frictions se multiplient entre les deux puissances.

"Je crois que Chine et Etats-Unis doivent continuer de travailler ensemble pour le développement stable et solide des relations économiques et commerciales bilatérales (...), sur la base du respect mutuel", a souligné Hua Chunying, ajoutant que les conflits commerciaux devaient se régler dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).

Cette nouvelle procédure vient s'ajouter aux nombreuses enquêtes déjà ouvertes par Washington contre la Chine dans le domaine commercial, notamment sur l'acier depuis l'arrivée de Donald Trump au pouvoir.

Mais elle n'équivaut toutefois pas au déclenchement d'un conflit immédiat. Il appartiendra à M. Lighthizer d'établir les preuves des abus chinois puis ensuite de demander l'ouverture d'une enquête formelle, un processus qui peut prendre jusqu'à un an, ont prévenu les responsables de l'administration américaine.

Lors de sa campagne et depuis son arrivée à la Maison Blanche, Donald Trump et son administration ont multiplié les mises en garde contre ce qu'ils affirment être la politique commerciale déloyale de Pékin.

Le déficit commercial des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine a approché 350 milliards de dollars en 2016 et Trump n'a de cesse de dénoncer les conséquences des importations chinoises sur l'emploi dans des secteurs comme l'acier.

En dehors de mesures préliminaires prises la semaine dernière contre les importations chinoises de feuilles d'aluminium, les Etats-Unis se sont toutefois gardés jusqu'ici de sanctions substantielles.

- "Approche différente" -

Donald Trump a rappelé jeudi dernier que "si la Chine nous aide (sur la Corée du nord), j'aurais une approche différente sur le commerce. Une approche très différente".

Pourtant, les responsables de l'administration américaine nient tout lien entre ce dernier avatar commercial et la crise nord-coréenne. "Les deux évènements ne sont pas liés. Le commerce c'est le commerce et la sécurité nationale c'est la sécurité nationale", ont-ils affirmé samedi.

Une approche qui semble partagée par Pékin, le porte-parole du ministère des affaires étrangères déclarant lundi que "le problème de la péninsule coréenne et le commerce sino-américain n'ont absolument rien à voir, et il ne serait pas approprié d'utiliser l'un de ces sujets pour exercer une pression sur le second".

Pékin a voté le 5 août une résolution présentée au Conseil de sécurité des Nations Unies par Washington renforçant les sanctions déjà imposées contre Pyongyang et a suspendu lundi toutes ses importations de fer, de plomb, de minerais de ces deux métaux et de produits de la mer en provenance de Corée du Nord, en application de cette résolution.

Tout en signant le mémorandum lundi, Donald Trump se retient donc encore de mettre en oeuvre ses menaces de sanctions commerciales contre la Chine.

Celui-ci vise notamment le système des "co-entreprises" (joint-venture) auquel les autorités chinoises soumettent les entreprises étrangères qui veulent vendre leurs produits en Chine.

Selon Washington, elles sont obligées de partager par ce biais avec leurs partenaires chinoises une partie de leur savoir-faire technologique.

jld/Dt/eb