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14/08/2017 05:34 EDT | Actualisé 14/08/2017 05:40 EDT

L'Autorité palestinienne décide de libérer cinq journalistes

L'Autorité palestinienne, basée en Cisjordanie occupée, a décidé de relâcher lundi cinq journalistes, au lendemain de la libération par son rival du Hamas, au pouvoir à Gaza, d'un journaliste lié à l'Autorité, a indiqué leur avocat.

Ces cinq journalistes, travaillant en Cisjordanie et plus ou moins associés avec le Hamas islamiste, avaient été arrêtés la semaine passée pour avoir "divulgué des informations sensibles à des groupes ennemis", selon l'agence officielle palestinienne Wafa.

Des organisations de défense des droits avaient vu dans leur arrestation une nouvelle illustration d'un tour de vis donné selon elles à la liberté d'expression par une Autorité palestinienne confrontée à la contestation.

Ces arrestations ont aussi été mises en parallèle avec celle, en juin par le Hamas, d'un journaliste de Palestine TV, télévision relevant de l'Autorité palestinienne.

L'Autorité palestinienne, entité reconnue internationalement et censée préfigurer le gouvernement d'un Etat indépendant, n'exerce son contrôle que sur la Cisjordanie. Encore est-il très limité du fait de l'occupation israélienne.

Elle a été évincée de la bande de Gaza en 2007 par le Hamas.

Toutes les tentatives de réconciliation ont avorté et l'Autorité palestinienne et le Hamas restent à couteaux tirés.

Vivement critiquée après l'arrestation des cinq journalistes, l'Autorité palestinienne a décidé de les libérer, a indiqué à l'AFP Alaa Freijat, avocat du Syndicat des journalistes palestiniens.

Trois avaient été libérés lundi en début d'après-midi, a-t-il dit. Les deux autres devaient l'être dans le courant de la journée.

La veille, le Hamas avait relâché Fouad Jarada, 35 ans, journaliste à Gaza pour Palestine TV.

On ignore dans quelle mesure cette libération a influé sur celle de ses confrères en Cisjordanie.

L'Autorité palestinienne, affaiblie par les divisions interpalestiniennes et l'enlisement diplomatique de sa cause, a accentué ces derniers mois la pression financière et politique sur le Hamas.

Elle a adopté il y a quelques semaines un nouveau texte sur les "crimes électroniques", critiqué par les défenseurs des droits comme visant à faire taire les critiques, notamment le Hamas et les supporteurs de Mohammed Dahlane, rival du président palestinien Mahmoud Abbas.

L'ONG Freedom House classait en 2016 l'environnement médiatique en Cisjordanie et dans la bande de Gaza comme "non libre", plaçant les Territoires palestiniens derrière l'Irak et le Zimbabwe, au même niveau que la Russie.

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