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14/08/2017 05:59 EDT | Actualisé 14/08/2017 06:20 EDT

Corée du Nord: les progrès spectaculaires dans les missiles grâce à l'étranger (étude)

La Corée du Nord a réalisé ses progrès spectaculaires en matière de missiles grâce à des moteurs d'une entreprise ukrainienne probablement obtenus sur le marché noir, selon une étude publiée lundi par l'International Institute for Strategic Studies.

La Corée du Nord a réussi en deux ans à aligner un nouveau type de missile à portée intermédiaire, le Hwasong-12 et son grand-frère le Hwasong-14, un missile balistique intercontinental (ICBM) testé avec succès à deux reprises ces dernières semaines.

"Il est probable que ces engins viennent d'Ukraine, probablement de manière illégale", souligne le spécialiste du groupe de réflexion, Michael Elleman, dans une interview au New York Times.

"La question est de savoir combien ils en ont et si les Ukrainiens les aident (les Nord-Coréens). Je suis très inquiet", ajoute t-il.

"Aucun autre pays n'a fait la transition d'une capacité de moyenne portée à un ICBM en une période aussi courte", insiste M. Elleman dans son étude.

Pour lui, le comment a une réponse simple: "la Corée du Nord s'est procuré un moteur à carburant liquide de haute performance venant d'une source à l'étranger".

Dans une longue démonstration très détaillée, ce spécialiste des missiles arrive, en procédant par élimination, à la conclusion que le type de moteur utilisé par Pyongyang ne peut avoir été modifié que dans les usines du groupe russe Energomash et de l'entreprise ukrainienne KB Ioujnoïe.

Il est clair selon lui que les ingénieurs nord-coréens n'ont pas le savoir-faire pour modifier ce moteur, le RD-250, tel qu'il est utilisé sur les lanceurs de Pyongyang.

Le New York Times souligne pour sa part que les services de renseignement et les experts concentrent leur enquête sur une usine ukrainienne connue sous le nom de Ioujmach, qui a une longue expérience en matière de moteur de fusée et qui aurait des difficultés financières depuis la chute du gouvernement prorusse en 2014.

L'entreprise a très fermement démenti lundi ces informations dans un communiqué à l'AFP: "Ioujmach n'a jamais eu et n'a aucun lien avec le programme de missiles nord-coréens qu'il soit de nature spatiale ou pour la défense".

Olexandre Tourtchinov, secrétaire du Conseil national de Sécurité et de Défense ukrainien, qui dépend directement du président ukrainien, a lui aussi formellement démenti.

M. Elleman souligne d'ailleurs dans son étude que ces engins ont pu être obtenus sur le marché noir à l'insu du gouvernement, grâce aux liens établis de longue date par les Nord-Coréens en ex-Union soviétique.

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