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14/08/2017 09:03 EDT | Actualisé 14/08/2017 09:20 EDT

Aléna: le Canada met l'environnement au coeur de la renégociation

Le Canada va mettre la protection de l'environnement au coeur de la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (Aléna) qui débute mercredi, a annoncé lundi la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland.

Cet accord entre le Canada, le Mexique et les Etats-Unis, vieux de 23 ans, va être sérieusement amendé sous l'insistance du président Donald Trump de protéger davantage les emplois américains qui, selon lui, ont été délocalisés principalement au Mexique.

Dans ces négociations, il faut "éviter de faire de +l'autre+ un bouc émissaire", a dit Mme Freeland lundi à Ottawa.

Pour la ministre, la version modernisée de l'accord devra s'assurer "qu'aucun pays membre de l'Aléna ne puisse réduire la protection de l'environnement en vue d'attirer les investissements" et que tous "appuient pleinement les efforts pour s'attaquer aux changements climatiques".

Un avertissement direct adressé aux Américains. Début juin, Donald Trump avait annoncé le retrait des Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat conclu fin 2015 qui vise à limiter le réchauffement planétaire à moins de deux degrés Celsius par une réduction des émissions de gaz à effet de serre.

"Ce n'est un secret pour personne que le Canada a une vision très différente" des Etats-Unis sur "probablement l'étape la plus importante que le monde ait franchi dans le combat contre les changements climatiques, soit l'accord de Paris", a précisé Chrystia Freeland.

La renégociation est "une véritable occasion de travailler main dans la main avec l'administration américaine". L'objectif est de faire en sorte que "nos travailleurs ne souffrent pas injustement des normes plus élevées que souhaitent, à raison, les populations sur l'environnement et le droit du travail", a-t-elle poursuivi.

Pour les négociations, le Canada veut, a dit Mme Freeland, s'inspirer des idées "progressistes" de l'Accord économique et commercial global (AECG, CETA pour son acronyme anglais) avec l'Union européenne qui entre en vigueur le 21 septembre, notamment en matière d'environnement.

"Nous allons peut-être vivre des moments dramatiques", a averti la ministre en faisant référence à sa propre expérience lors des négociations du CETA qui avait bien failli capoter au tout dernier moment.

Les négociateurs canadiens se rendent à Washington pour des discussions avec leurs partenaires américains et mexicains avec une attitude constructive mais ferme, a précisé Chrystia Freeland en estimant que "la politesse et la force ne sont pas contradictoires".

Le Canada veut aussi inclure la protection des travailleurs, l'égalité des sexes, les droits des autochtones et un meilleur processus de règlement des différends entre investisseurs et Etats dans la nouvelle version de l'Aléna.

"Trop de travailleurs se sentent abandonnés par l'économie mondiale du 21e siècle et ont voté en conséquence, délaissant la vision libérale moderne du commerce, de la croissance et de l'ouverture au monde", a-t-elle ajouté.

"Ces négociations marquent un moment très sérieux et lourd de conséquences pour nous tous", a-t-elle prévenu tout en se disant "foncièrement optimiste quant au résultat final".

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