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11/08/2017 06:32 EDT | Actualisé 11/08/2017 06:40 EDT

Espagne: appels à libérer un journaliste détenu à la demande d'Ankara

Différentes personnalités et organisations ont appelé vendredi l'Espagne à libérer un journaliste turco-suédois arrêté le 3 août à Barcelone à la demande d'Ankara qui l'accuse d'avoir insulté le président turc et d'être lié à un "groupe terroriste".

Hamza Yalcin est un journaliste turc critique envers le régime d'Ankara qui vit en Suède et possède également la nationalité suédoise. Il a été arrêté à l'aéroport de Barcelone-El Prat en vertu d'un mandat d'arêt émis par la Turquie puis placé en détention en attendant une décision sur son éventuelle extradition.

Le Défenseur des droits, une autorité espagnole indépendante, a exprimé sa "préoccupation" au ministère de la Justice, évoquant dans un communiqué "les arrestations de milliers de personnes au cours des derniers mois et en particulier les mesures répressives adoptées contre les journalistes" en Turquie.

Selon l'agence de presse progouvernementale Anadolu, Hamza Yalcin - qui écrit pour Odak, magazine en ligne critique envers le gouvernement turc - devrait être jugé pour avoir insulté le chef de l'Etat Recep Tayyip Erdogan et avoir fait de la "propagande" pour un "groupe terroriste" dont le nom n'a pas été précisé.

D'autres médias ont estimé qu'il s'agissait du Parti-Front révolutionnaire de libération du peuple, organisation turque d'extrême gauche, également désignée comme une "organisation terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne.

L'ancien juge d'instruction Baltasar Garzon, célèbre magistrat qui défend désormais notamment le fondateur de WikiLeaks Julian Assange, a appelé vendredi à la libération du journaliste.

"Il est inadmissible de penser que l'Espagne livre l'écrivain Yalçin à un régime qui suscite de sérieux doutes sur son respect des droits humains", a dit Baltasar Garzon dans un communiqué.

Il a ainsi joint sa voix à un concert de protestations. Selon l'organisation internationale Reporters sans frontière (RSF), dont le siège est à Paris, le mandat d'arrêt est une tentative "pour réduire au silence toute critique du régime turc".

La Fédération internationale des journalistes, basée à Bruxelles, a également demandé sa libération, de même que le troisième parti espagnol, Podemos (gauche radicale).

Les journalistes sont particulièrement ciblés par la répression en Turquie après la tentative de putsch de l'année dernière.

La Turquie occupe la 155e place sur 180 au classement 2017 de la liberté de la presse établi par RSF.

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