NOUVELLES
11/08/2017 14:44 EDT | Actualisé 11/08/2017 15:00 EDT

Colombie: un millier d'ex-guérilleros des Farc pour le déminage

Les Farc prévoient qu'un millier de leurs ex-guérilleros participent au déminage de la Colombie, pays du monde le plus affecté par ce fléau après l'Afghanistan, ont annoncé leurs chefs vendredi.

L'ancienne guérilla, qui a signé un accord de paix historique après plus d'un demi-siècle de confrontation armée, prépare sa reconversion en parti politique et entend développer divers projets créateurs d'emplois pour ses ex-combattants, dont le déminage.

"Nous aspirons à avoir jusqu'à 1.000, 1.200 membres de l'organisation" affectés à l'élimination des mines anti-personnel, a déclaré Pastor Alape, l'un des chefs des Farc, lors d'une conférence de presse à Bogota.

Une organisation, appelée "Humanicemos DH" (Humanisons DH pour déminage humanitaire), a été créée à cette fin par les Farc, dans le cadre de l'accord de paix signé en novembre.

"L'organisation qui va se charger du déminage humanitaire est déjà constituée. Un groupe considérable d'ex-combattants va ainsi avoir la possibilité économique d'assurer une réincorporation collective" à la vie civile, a pour sa part précisé à l'AFP Carlos Antonio Lozada, un autre chef des Farc.

Les anciens guérilleros chargés du déminage pourront recevoir des salaires allant de 400 à 1.000 dollars, selon Sergio Bueno, directeur de l'Action intégrale contre les mines anti-personnel, entité gouvernementale.

Quelque 7.000 ex-guérilleros sont regroupés dans 26 zones où ils ont remis leurs armes, sous la supervision de l'ONU, et préparent leur retour à la vie civile.

Pendant les pourparlers de paix, menés pendant quatre ans à Cuba, l'armée et les Farc ont travaillé ensemble jusqu'en décembre 2016 à déminer les alentours du hameau d'El Orejon (Antioquia, nord), dans le cadre d'un projet pilote.

Au moins 10 des 32 départements de Colombie sont minés, selon des estimations de l'ancienne guérilla.

Depuis 1990, les mines anti-personnel ont fait plus de 11.000 victimes en Colombie, dont environ 2.000 morts, selon un rapport du Centre national de mémoire historique.

Après l'accord de paix avec les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc, marxistes), le gouvernement du président Juan Manuel Santos a entamé en février des pourparlers avec l'Armée de libération nationale (ELN, guévariste), dernière guérilla active du pays.

Les Farc et l'ENL sont, selon une étude, à l'origine de la majorité des champs de mines de Colombie.

stv/vel/fpp/mf