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11/08/2017 11:52 EDT | Actualisé 11/08/2017 12:00 EDT

Colombie: le Président appelé à témoigner dans le scandale de corruption Odebrecht

Le président colombien Juan Manuel Santos et son gouvernement vont être entendus par la Cour suprême à la demande d'un sénateur de la majorité arrêté pour son implication présumée dans le scandale de corruption du géant du BPT brésilien Odebrecht.

"Le gouvernement est prêt à répondre à ce que demande la justice (...) et à satisfaire ses requêtes, comme il se doit pour un Etat démocratique", a déclaré vendredi le ministre de l'Intérieur, Guillermo Rivera, précisant que le gouvernement était dans l'attente de la notification de cette convocation.

La Cour suprême de justice a entériné un recours de la défense du sénateur Bernardo Elias demandant à ce que M. Santos et ses collaborateurs donnent leur version des faits, selon un document judiciaire cité par la presse locale.

Outre le chef de l'Etat, la requête vise certains ministres, ex-ministres et l'ancien vice-président German Vargas Lleras.

Ils doivent être entendus sur l'adjudication en 2014 au groupe Odebrecht d'un contrat pour la construction d'une route.

Selon le Parquet, le géant brésilien a obtenu ce contrat grâce au versement de pots-de-vin.

Bernardo Elias, soupçonné d'en être "bénéficiaire", a été arrêté jeudi sur ordre de la Cour suprême, qui enquête sur le financement des campagnes présidentielles de 2014 de M. Santos et de son rival Oscar Ivan Zuluaga, du Centre démocratique (droite) dirigé par l'ex-président et actuel sénateur Alvaro Uribe.

Les dirigeants d'Odebrecht ont admis le versement de 11,1 millions de dollars (9,3 millions d'euros) de pots-de-vin en Colombie. Selon le Parquet, la somme dépasserait les 27,7 millions de dollars (23,4 millions d'euros).

Au total quatre sénateurs sont soupçonnés dans cette affaire, tandis que l'ancien vice-ministre des Transports, Gabriel Garcia, et l'ex-sénateur Otto Bula sont emprisonnés.

Déclenchée en 2014 au Brésil, l'opération "Lavage Express" a mis en lumière un système de corruption monté par des groupes du bâtiment, dont Odebrecht, pour truquer des marchés entre 2005 et 2014, distribuant des centaines de millions de dollars de pots-de-vin à des responsables politiques dans une dizaine de pays en Amérique latine.

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