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08/08/2017 06:34 EDT | Actualisé 08/08/2017 06:40 EDT

Un éditorialiste thaïlandais poursuivi pour avoir critiqué la junte sur Facebook

Un célèbre éditorialiste thaïlandais ayant dénoncé l'érosion des droits de l'Homme sous la junte militaire au pouvoir a été poursuivi pour sédition mardi, après avoir publié plusieurs messages Facebook sur le sujet.

Rédacteur pour le journal d'informations local Khaosod English, Pravit Rojanaphruk risque jusqu'à 14 ans de prison, comme il l'a expliqué à l'AFP, poursuivi pour deux affaires distinctes.

La première concerne des messages Facebook datant de février 2016, où il critiquait la nouvelle Constitution.

Le second cas porte sur des messages Facebook postés le mois dernier, ciblant le chef de la junte militaire, le général Prayut Chan-O-Cha et critiquant le procès du Premier ministre Yingluck Shinawatra, dont le gouvernement élu a été renversé par le coup d'Etat militaire de 2014.

"Il s'agit d'un abus de la loi relative à la sédition", a estimé Pravit Rojanaphruk, à l'issue d'une convocation à la police. "Cette loi est utilisée pour censurer les critiques sur les réseaux sociaux".

Le journaliste est également poursuivi en vertu de la loi punissant les crimes informatiques - une autre loi pour éliminer la dissidence en ligne.

Depuis le coup d'Etat en 2014, Pravit Rojanaphruk, l'un des rares journalistes thaïlandais osant critiquer les militaires, a été arrêté à deux reprises pour subir des séances de "rééducation".

"Ce n'était pas de la torture, mais ce sont les deux pires nuits et jours de ma vie", avait raconté à l'AFP Pravit en 2015 en référence à l'une de ces séances de "rééducation". Il décrivait également de longs interrogatoires, les yeux bandés dans une prison secrète.

Pravit Rojanaphruk est resté critique envers le régime militaire, dénonçant l'augmentation des poursuites contre les opposants à la monarchie et au gouvernement.

Le mois dernier, l'éditorialiste avait remporté le prix pour la liberté de la presse du Comité pour la protection des journalistes (Committee to Protect Journalist - CPJ).

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