NOUVELLES
08/08/2017 07:53 EDT | Actualisé 08/08/2017 08:00 EDT

France: un des principaux chefs présumés de l'ETA, Mikel Irastorza, remis en liberté

Mikel Irastorza, considéré comme l'un des derniers chefs présumés de l'organisation séparatiste basque ETA, a été libéré mardi sous contrôle judiciaire, dans l'attente de son jugement pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste".

"Il a été libéré, mardi à l'aube, de la prison de Fleury-Mérogis (près de Paris, ndlr) et il est arrivé en gare de Bayonne (Pays basque français, sud-ouest, ndlr) peu avant 14h00," a indiqué à l'AFP Mertxe Colina, membre de Bake Bidea, collectif "pour un processus de paix au Pays Basque".

Mis en examen (inculpé) et placé en détention provisoire après son arrestation en 2016, Mikel Irastorza, 42 ans, "a été libéré et placé sous contrôle judiciaire et surveillance électronique par décision de la chambre de l'instruction en date du 7 août", a confirmé une source judiciaire à Paris.

Son "maintien en détention n'apparaît "pas indispensable pour la poursuite des investigations techniques restant à effectuer", selon l'arrêt des juges de la cour d'appel de Paris. Les magistrats ont estimé par ailleurs suffisantes les garanties de représentation du dirigeant nationaliste, assigné à résidence sous bracelet électronique à Bayonne (Pays basque français, sud-ouest), où il dispose d'une promesse d'embauche et a interdiction d'entrer en contact avec ses complices.

Mikel Irastorza, originaire de Saint-Sébastien (Guipuzcoa, Espagne) était en fuite depuis 2008 lorsqu'il avait été interpellé en novembre 2016 dans la maison d'un couple qui l'hébergeait, à Ascain (Pays basque français).

A l'époque, le ministère espagnol de l'Intérieur l'avait présenté comme "le plus haut dirigeant du groupe terroriste ETA qui échappait à la justice".

Il aurait succédé en 2015 à Iratxe Sorzabal et David Pla, deux dirigeants présumés d'ETA arrêtés en septembre 2015 en France.

L'ETA, née en 1959 dans la lutte contre le franquisme, a renoncé en octobre 2011 à la lutte armée, après 43 ans de violences au nom de l'indépendance du Pays basque et de la Navarre. Au total, 829 morts lui sont imputés.

Le 8 avril 2017, elle a livré aux autorités françaises une liste de huit caches d'armes, toutes situées dans le sud-ouest de la France, un geste salué par Paris mais insuffisant pour l'Espagne, qui a appelé l'organisation à s'autodissoudre.

col-ban/thm/lpt