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02/08/2017 04:00 EDT | Actualisé 02/08/2017 04:20 EDT

Venezuela: l'UE envisage "un éventail d'actions", pas de sanctions à ce stade

L'Union européenne envisage "un éventail d'actions" pour pousser les autorités du Venezuela à discuter avec l'opposition d'une sortie de crise, mais ne devrait pas à ce stade menacer le régime du président Nicolas Maduro de sanctions, selon des sources concordantes.

Des représentants des 28 Etats membres de l'UE, réunis par sa Haute représentante Federica Mogherini, préparaient mercredi une déclaration commune sur la grave crise politique qui a fait plus de 120 morts dans le pays depuis avril, selon une source européenne.

Une porte-parole de Mme Mogherini a confirmé la tenue de ces consultations à Bruxelles, qui devaient "permettre une réponse appropriée et coordonnée de l'UE", à la veille de l'installation de l'Assemblée constituante, élue dimanche malgré un boycott de l'opposition et les condamnations internationales.

"Tout l'éventail d'actions est discuté, mais notre priorité est de venir en aide au peuple vénézuélien et d'obtenir une désescalade des tensions. Nous promouvons une solution politique à la crise et nous sommes prêts à soutenir davantage des efforts régionaux de médiation", a précisé cette porte-parole, Catherine Ray, lors d'un point de presse.

Le chef de la diplomatie espagnole, Alfonso Dastis, a plaidé mardi pour des sanctions individuelles de l'UE, "qui peuvent toucher ceux qui sont responsables de la situation actuelle".

Le président du Parlement européen, Antonio Tajani, a pour sa part demandé à la Commission européenne et au Conseil européen, qui réunit les dirigeants des 28, "s'il est possible" d'imposer des sanctions -- par un gel de leurs avoirs et une interdiction de voyager dans l'UE -- à l'encontre des "membres du gouvernement vénézuélien, y compris son président Nicolas Maduro et son entourage".

Mais la question de sanctions contre des responsables vénézuéliens, le président Nicolas Maduro en tête, est loin de faire l'unanimité parmi les Etats membres de l'UE et ne devrait donc pas figurer dans leur déclaration commune, selon la source européenne.

Les Etats-Unis ont imposé lundi des sanctions juridiques et financières sans précédent contre Nicolas Maduro, en réponse à l'élection de l'Assemblée constituante lors d'un week-end émaillé de manifestations violentes qui ont fait dix morts. "Tous les avoirs" que posséderait le président du Venezuela aux Etats-Unis ont été gelés par le Trésor américain.

L'UE a déploré mardi l'arrestation de deux dirigeants de l'opposition, Leopoldo Lopez et Antonio Ledezma. Bruxelles avait exprimé dès lundi de "sérieux doutes" sur l'Assemblée constituante, "élue dans des circonstances douteuses et souvent violentes", se disant préoccupée par "le sort de la démocratie" au Venezuela.

axr/agr/ole