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02/08/2017 07:43 EDT | Actualisé 02/08/2017 08:00 EDT

Mike Pence : l'avenir des Balkans occidentaux est "à l'Ouest"

Le vice-président américain Mike Pence a déclaré mercredi depuis le Monténégro que l'avenir des Balkans occidentaux se trouvait "à l'Ouest", lors de la dernière étape d'un voyage destiné à rassurer les alliés de Washington en Europe que la Russie tente de "déstabiliser".

Dans une référence à peine voilée à la Russie, avec laquelle les Etats-Unis entretiennent actuellement des relations exécrables, le vice-président américain a appelé ces mêmes pays, dont le Monténégro, plus récent des membres de l'Otan, à se montrer "déterminés et intransigeants face à l'agression d'un pays imprévisible qui jette son ombre depuis l'Est".

Cette intervention, au cours d'un sommet à Podgorica, s'inscrit dans la tentative de M. Pence de rassurer les alliés des Etats-Unis en Europe de l'Est, échaudés par l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et l'appui de Moscou à un mouvement séparatiste sanglant en Ukraine.

Avant le Monténégro, qui a rejoint l'Alliance atlantique le 5 juin, cette tournée l'a mené en Estonie et en Géorgie, où il a notamment dénoncé l'"occupation" d'une partie du pays par la Russie, après une guerre ayant opposé les deux voisins à l'été 2008.

"La Russie continue de chercher à redessiner les frontières internationales par la force. Et ici, dans les Balkans occidentaux, la Russie s'est employée à déstabiliser la région, à saper vos démocraties, et à vous diviser entre vous et du reste de l'Europe", a martelé Mike Pence.

"Nous croyons réellement que l'avenir des Balkans occidentaux se trouve à l'Ouest", a encore déclaré Mike Pence au côté du Premier ministre du Monténégro, Dusko Markovic.

Le voyage de M. Pence intervient alors que les élus américains ont approuvé la semaine dernière de nouvelles sanctions contre la Russie, sur fond d'accusation d'ingérence de Moscou pendant la présidentielle américaine.

En réaction, Moscou a ordonné une réduction du personnel d'ambassade et de consulats américains.

- 'Succès historique' -

Depuis Podgorica, Mike Pence a en outre relayé l'accusation selon laquelle des "agents soutenus" par Moscou auraient projeté d'assassiner le Premier ministre du Monténégro en 2016.

Le but de ces comploteurs, majoritairement des militants serbes prorusses, aurait été de faire pièce au projet d'intégrer l'Otan de Milo Djukanovic, homme fort du pays depuis les années 1990 et alors encore Premier ministre.

Mais le putsch allégué avait été déjoué la nuit précédant les législatives et le Monténégro, désormais dirigé par Dusko Markovic, a rejoint l'Alliance.

Mike Pence avait déjà expliqué en avril avoir eu connaissance d'"informations crédibles sur un soutien russe à un projet d'attaque contre le gouvernement le jour des élections".

Une quinzaine de personnes, dont deux députés prorusses, soupçonnées d'avoir fomenté ce coup d'Etat, doivent passer en jugement à l'automne. Plusieurs autres ont été condamnés à des peines de quelques mois de prison en échange de leur témoignage à charge.

La Russie a démenti toute implication.

Et l'adhésion du Monténégro à l'Otan est un "succès historique", a encore jugé Mike Pence. Celle-ci, ainsi que les espoirs géorgiens de rejoindre à leur tour l'Alliance, ont provoqué la fureur de Moscou, qui considère les deux pays comme faisant partie de sa zone historique d'influence.

La porte de l'Otan sera toujours ouverte "aux pays européens qui partagent nos valeurs, qui contribuent à la défense commune et qui s'efforcent de garantir sécurité, prospérité et liberté à leurs peuples", a encore assuré M. Pence.

Le sommet de mercredi réunissait, outre MM. Pence et Markovic, des dirigeants d'Albanie, de Bosnie, de Croatie, du Kosovo, de Serbie et de Slovénie.

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