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02/08/2017 07:56 EDT | Actualisé 02/08/2017 08:20 EDT

La Turquie depuis la tentative de coup d'Etat

Rappel des dates-clés depuis le coup d'Etat manqué contre le président Recep Tayyip Erdogan il y a un an en Turquie, où les chefs des armées de terre, de l'air et de la marine ont été remplacés mercredi.

Le putsch avorté a été suivi de purges d'une ampleur inédite.

- Putsch manqué -

Dans la nuit du 15 au 16 juillet 2016, une fraction de l'armée se soulève, s'emparant d'avions de chasse et d'hélicoptères et semant la panique dans les rues d'Ankara et d'Istanbul. Des putschistes ciblent le Parlement et le palais présidentiel.

Le président Erdogan, en vacances à Marmaris (ouest), exhorte les Turcs à résister à une "tentative de coup d'Etat" en descendant dans les rues, puis regagne Istanbul. Il dénonce "une trahison" de soldats putschistes qu'il accuse d'être liés au prédicateur islamiste Fethullah Gülen, installé aux Etats-Unis, qui dément.

Dans la matinée, le chef de l'armée par intérim annonce l'échec de la tentative de putsch.

A Istanbul, les partisans d'Erdogan en liesse investissent les rues. M. Erdogan réclame l'extradition de Gülen.

La tentative de putsch a fait près de 250 morts.

- Purges et état d'urgence -

Les 16 et 17 juillet 2016, des centaines de généraux, juges et procureurs sont arrêtés pour leur soutien présumé à la tentative de renversement du pouvoir. Puis l'épuration s'étend à la police, à l'enseignement et aux médias. Le 20 juillet, M. Erdogan instaure l'état d'urgence.

Les purges visent les partisans présumés de Fethullah Gülen, avant de s'étendre à la mouvance prokurde et à des médias critiques. Depuis, plus de 50.000 personnes ont été arrêtées et plus de 100.000 limogées ou suspendues de leurs fonctions.

- Rapprochement avec Moscou -

Le 9 août 2016, la Turquie et la Russie entament un processus de réconciliation après une crise née de la destruction par l'aviation turque d'un avion militaire russe au dessus de la frontière syro-turque fin 2015.

Deux semaines plus tard, la Turquie déclenche une offensive terrestre dans le Nord syrien contre le groupe Etat islamique (EI), mais aussi contre les milices kurdes YPG, qu'elle considère comme l'extension des séparatistes du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).

Turquie et Russie s'impliquent, avec l'Iran, dans la recherche d'une trêve en Syrie, bien qu'Ankara appuie l'opposition au régime de Bachar al-Assad.

- Tensions avec l'UE -

En mars 2017, plusieurs pays européens annulent des meetings ou interdisent à des ministres turcs de faire campagne sur leur territoire en faveur du "oui" au référendum d'avril en Turquie, destiné à accroître les pouvoirs de M. Erdogan, qui qualifie ces décisions de "pratiques nazies".

Les sujets de tension se sont depuis multipliés entre Berlin et Ankara, mais aussi avec d'autres capitales européennes.

- Victoire étroite d'Erdogan -

Le 16 avril, M. Erdogan remporte une courte victoire au référendum sur une réforme constitutionnelle renforçant considérablement ses pouvoirs. Le +non+ l'emporte dans les trois premières villes du pays, Istanbul, Ankara et Izmir.

L'opposition conteste le résultat, dénonçant des "manipulations" pendant le scrutin.

- Erdogan met en garde les 'traîtres' -

Le 9 juillet, un mouvement de protestation pour défendre "la justice" conduit par le leader du principal parti d'opposition (CHP), Kemal Kiliçdaroglu, parvient à mobiliser des centaines de milliers de mécontents pour un grand meeting.

Le 15 juillet, un an après la tentative de putsch, M. Erdogan promet d'"arracher la tête des traîtres". Il se dit en faveur d'un uniforme unique "comme à Guantanamo" pour les putschistes présumés en procès.

- Des hauts gradés remplacés -

Le 1er août, le plus grand procès lié au coup d'Etat manqué, impliquant près de 500 suspects, s'ouvre sous haute sécurité près d'Ankara. Deux autres procès ont débuté en février et mai.

Le 2 août, la Turquie remplace les chefs des armées de terre, de l'air et de la marine.

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