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02/08/2017 11:58 EDT | Actualisé 02/08/2017 13:02 EDT

La courbe d'anglicisation de Montréal étendue aux banlieues, selon la SSJB

MONTRÉAL — La Société Saint-Jean-Baptiste et le Mouvement Québec français soutiennent que la courbe d'anglicisation de l’île de Montréal depuis plus de 15 ans s’est désormais étendue en banlieue.

À la lumière des données du recensement 2016 de Statistique Canada, dévoilées jeudi, les deux groupes font valoir que les reculs du français au Québec — pouvant être perçus comme minces par certains — s'accumulent et illustrent le déclin «inexorable» de la langue française.

Selon Éric Bouchard, directeur général du Mouvement Québec français, le gouvernement du Québec doit «mettre tout son poids» pour la survie de la langue — notamment en cessant de gruger les acquis de la Loi 101 et en donnant des mesures incitatives financières importantes à la francisation.

Dans les plus récentes données du recensement, les deux groupes s'inquiètent particulièrement du recul de la langue d'usage à la maison. Au Québec, les résidants étaient 70,5 pour cent à parler «uniquement» le français en 2016 comparativement à 72,8 pour cent cinq ans plus tôt. L'usage de l'anglais (aussi «uniquement») dans les chaumières québécoises a suivi une trajectoire inverse, augmentant de 6,2 à 6,6 pour cent pour la même période.

Maxime Laporte, président général de la Société Saint-Jean-Baptiste, estime que les «élites politiques, médiatiques et artistiques» ont le devoir absolu de prendre position en faveur de mesures «fortes et structurantes qui redonneront à notre langue commune son lustre des années 1980 et 1990, dans la foulée de l’adoption de la Loi 101».

Selon les données rassemblées par les deux groupes, le poids du français comme langue d'usage à Laval entre 2011 et 2016 est passé de 67,9 pour cent à 64,6 pour cent, tandis que celui de l'anglais augmentait de 14,6 pour cent à 15,9 pour cent. À Longueuil, le poids du français comme langue d'usage est passé de 78,7 pour cent à 76,5 pour cent, tandis que l'anglais a fait un bond d'un demi-point de pourcentage.

«L’argument des jovialistes voulant que Montréal s’anglicise uniquement parce que les francophones quittent l’île afin de s’installer dans la couronne métropolitaine ne tient absolument plus la route», soutiennent les deux groupes.