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30/07/2017 06:48 EDT | Actualisé 30/07/2017 07:00 EDT

Mike Pence en Estonie pour rassurer les petits membres baltes de l'Otan

Le vice-président américain Mike Pence est arrivé dimanche en Estonie, première étape d'une tournée destinée à rassurer les trois pays baltes, frontaliers de la Russie, qui souhaitent le renforcement de la présence militaire américaine chez eux.

M. Pence est arrivé à l'aéroport de Tallinn dans l'après-midi, a constaté un journaliste de l'AFP. Il devrait s'entretenir dans la soirée avec le Premier ministre estonien Juri Ratas des systèmes américains de défense anti-aérienne que les pays baltes, membres de l'Otan, aimeraient voir déployés chez eux, à la frontière orientale de l'Alliance, ainsi que l'a expliqué M. Ratas au journal Eesti Päevaleht.

D'après une source militaire estonienne, qui s'exprimait sous le couvert de l'anonymat, le déploiement sur leur sol de batteries anti-missiles Patriot est l'un des objectifs des trois pays baltes (Estonie, Lituanie, Lettonie). Une telle batterie a récemment été déployée en Lituanie, mais le temps d'un exercice seulement.

Les pays baltes et la Pologne, tous frontaliers de la Russie, craignent une éventuelle attaque russe et l'Alliance atlantique est en train de déployer quatre bataillons multinationaux dans ces pays d'Europe de l'Est.

La Russie de son côté accuse l'Otan de vouloir l'encercler.

"La contribution des Etats-Unis à la sécurité des pays baltes et de l'ensemble de l'Europe est vitale et je compte remercier le vice-président pour cela", a dit M. Ratas avant l'arrivée de M. Pence.

Il a indiqué que leur entretien devrait porter aussi sur la coopération en matière de cyber-défense et de la coopération américano-européenne en général. L'Estonie assure actuellement la présidence tournante de l'Union européenne.

M. Pence doit rencontrer lundi à Tallinn la présidente estonienne Kersti Kaljulaid et ses homologues lituanienne Dalia Grybauskaïte et letton Rajmonds Vëjonis.

- Quatre bataillons -

Il s'adressera ensuite aux soldats de l'un des quatre bataillons de la force Enhanced Forward Presence, déployés par l'Otan en Europe de l'Est pour répondre aux craintes suscitées par l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014 et le conflit dans l'Est de l'Ukraine.

Pour les analystes locaux, il devrait dire aux Estoniens ce qu'ils souhaitent entendre, surtout après la vague d'inquiétude soulevée par les déclarations teintées de scepticisme de Donald Trump sur l'Otan et sa règle "un pour tous".

Selon le spécialiste des relations internationales de l'Université de Tallinn Matthew Cranadall, cité par la télévision publique ERR, M. Pence dira aux Baltes que "les Etats-Unis sont un bon allié, qu'ils sont loyaux et qu'ils apprécient leurs sacrifices tels les dépenses pour la défense à hauteur de 2% du PIB et la participation de leurs militaires aux opérations en Afghanistan".

L'analyste Andres Kasekamp, s'exprimant sur la même chaîne, a souligné que "le timing, avant les manoeuvres russes Zapad (en septembre en Belarus, près de la frontière lituanienne - NDLR) montre ce que les Etats-Unis veulent dire: +nous surveillons de près tout ce qui se passe ici et vous pouvez être certains de notre soutien+".

Ces exercices russo-bélarusses ont soulevé l'inquiétude en Lituanie, car ils se déroulent relativement près de la trouée dite de Suwalki (nord-est de la Pologne) considérée comme le point faible potentiel du flanc oriental de l'Otan, où une hypothétique offensive russe pourrait facilement isoler les trois pays baltes.

Les autorités lituaniennes ont affirmé que jusqu'à 100.000 soldats russes et bélarusses pourraient y participer. Mais le ministre bélarusse de la Défense Andreï Ravkov a déclaré à l'agence russe TASS qu'ils seraient en fait environ 13.000.

- Exercices américano-géorgiens -

Lundi soir, M. Pence devrait tenir un discours similaire à Tbilissi au président géorgien Guirgui Markvelachvili et le lendemain au Premier ministre Guirgui Kvirikachwili.

Là aussi des assurances sur le soutien des Etats-Unis à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du pays seront bienvenues. D'autant plus que la Géorgie n'est pas membre de l'Otan et que les souvenirs de la guerre russo-géorgienne d'août 2008 restent vifs.

Pour l'illustrer, le vice-président américain rencontrera mardi des soldats américains et géorgiens participant à l'exercice Noble Partner 2017.

Ces exercices conjoints, les plus importants à ce jour entre les deux pays, ont débuté dimanche avec la participation de 800 soldats géorgiens et 1.600 soldats américains.

M. Pence se rendra ensuite au Monténégro, petit pays slave orthodoxe sur l'Adriatique qui a adhéré à l'Otan le 5 juin dernier.

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