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24/07/2017 03:51 EDT | Actualisé 24/07/2017 04:00 EDT

Terrorisme: Ankara retire une liste d'entreprises allemandes suspectes

La Turquie a abandonné des soupçons de soutien au "terrorisme" émis à l'encontre de quelque 700 entreprises allemandes, a indiqué lundi le gouvernement allemand, qui avait protesté vivement contre ces accusations d'Ankara.

Ankara avait adressé en mai à Berlin, via Interpol, "une liste d'environ 700 entreprises allemandes" comme BASF ou Daimler, présentes en Turquie et soupçonnées de soutenir financièrement le terrorisme via leurs liens économiques avec des sociétés turques, a révélé à la presse le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Tobias Plate.

Finalement, le ministre turc de l'Intérieur Süleyman Soylu a appelé lundi matin son homologue allemand, Thomas de Maizière, pour lui annoncer que cette liste avait été "formellement retirée" samedi, deux jours après que Berlin eut frappé du poing sur la table contre la Turquie.

Le ministre turc a expliqué que cette liste transmise à la police judiciaire allemande en vue d'obtenir des informations sur les entreprises concernées, résultait d'un "problème de communication", selon le porte-parole allemand.

Le ministre de l'Intérieur turc "nous a assuré que les autorités turques n'enquêtaient pas sur des entreprises figurant sur la liste, ni en Turquie ni en Allemagne", a indiqué M. Plate. "Nous prenons note de cette clarification", a-t-il ajouté.

L'hebdomadaire allemand Die Zeit avait révélé la semaine dernière l'existence de cette liste, parlant à ce moment-là de 68 groupes allemands ou cadres dirigeants d'entreprises accusés par Ankara de soutien au "terrorisme" via leurs liens en Turquie. Un chiffre donc nettement revu en hausse désormais par Berlin.

"En dépit de la mise au point" des autorités turques sur la liste, "de grandes incertitudes demeurent en ce qui concerne la Turquie, cela va prendre du temps" avant que les entreprises allemandes reprennent confiance, a averti de son côté une porte-parole du ministère de l'Economie, Tanja Alemany.

"Le signal à la Turquie, c'est que l'Etat de droit est important et que l'Etat de droit favorise les investissement", a-t-elle ajouté.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan avait lui nié dimanche toute enquête visant des entreprises allemandes.

Les rapports entre Ankara et Berlin, tendus depuis plus d'un an, se sont spectaculairement dégradés la semaine dernière à la suite de l'arrestation d'un militant des droits de l'homme allemand en Turquie.

L'Allemagne a annoncé plusieurs sanctions pour frapper économiquement le pays.

Au plan européen, Berlin veut aussi geler des aides prévues à la Turquie et a posé la question lundi d'une suspension des négociations menées depuis 2005 en vue d'une adhésion du pays à l'Union européenne.

"Il est important que la Commission à l'avenir se préoccupe de manière poussée de la question de savoir si les critères pour une suspension des négociations ne sont pas désormais remplis", a déclaré à Berlin une porte-parole allemande, Ulrike Demmer.

Celles-ci sont au point mort mais officiellement toujours ouvertes. C'est à la Commission européenne qu'il appartient de recommander une suspension pour non respect des règles démocratiques, avant un vote des Etats de l'UE.

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