NOUVELLES
24/07/2017 16:17 EDT | Actualisé 24/07/2017 16:41 EDT

Suicides dans les réserves du nord de l'Ontario: une feuille de route est signée

OTTAWA — Les autorités impliquées dans les questions de santé mentale dans des réserves isolées affirment avoir un plan en mains pour contrer la crise des suicides au sein des Premières Nations.

La ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, et son homologue de l'Ontario, Eric Hoskins, ont discuté lundi de la vague de suicides et d'enjeux particuliers de santé avec le grand chef de l'organisation Nishnawbe Aski Nation, Alvin Fiddler — qui préside une vaste coalition d'organismes représentant 49 réserves du nord de l'Ontario.

Les deux ministres et cette vaste coalition ont signé une feuille de route qui accordera aux travailleurs de première ligne et aux communautés des Premières Nations une implication — et une responsabilité — plus grande dans la réponse aux crises en santé mentale.

L'entente doit mener à une transition au cours de laquelle les Premières Nations pourront concevoir et implanter leurs propres plans en santé et éviter d'être prises dans la bureaucratie gouvernementale.

La feuille de route est accompagnée d'un mécanisme devant évaluer les résultats, et comportera éventuellement une stratégie plus large pour prévenir à la source les vagues de suicides et les crises en santé mentale.

Le ministre Hoskins a déjà indiqué, dimanche, que l'Ontario déploiera 20 nouveaux travailleurs en santé mentale à Pikangikum, une communauté ojibwée très éloignée qui est aux prises depuis des années avec un problème de suicides. Quatre jeunes s'y sont encore enlevé la vie récemment.

«Le document détaille les principes qui aideront... à nous guider vers le but à atteindre. Il est temps que cela arrive, particulièrement considérant ce qu'on a dû traverser au cours de la dernière année», a affirmé M. Fiddler.

Des médecins qui oeuvrent auprès des Autochtones du nord-ouest de l'Ontario avaient pressé plus tôt le premier ministre Justin Trudeau et la ministre Philpott d'apporter des solutions à la crise «croissante» des suicides qui accablent ces communautés.

Les médecins ont fait part de leurs inquiétudes dans une lettre ouverte publiée avant la tenue de la rencontre à ce sujet à Ottawa.

Dans leur lettre ouverte, les médecins se désolent de constater que les problèmes de santé mentale dans les communautés autochtones sont chroniques et récurrents. Ils soutiennent que la bureaucratie fédérale ne dispose pas des outils nécessaires pour mettre en place les programmes de prévention et de soins appropriés.

Les médecins disaient croire que si on veut apporter des solutions, on doit accorder plus de ressources et confier plus de responsabilités aux Autochtones eux-mêmes.