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24/07/2017 12:06 EDT | Actualisé 24/07/2017 12:20 EDT

Pologne: le gouvernement veut maintenir sa réforme controversée de la Justice

Le gouvernement conservateur polonais a annoncé lundi soir qu'il comptait maintenir sa réforme controversée de la Justice en dépit du veto opposé par le président Andrzej Duda.

"Nous ne céderons pas aux pressions de la rue et de l'étranger", a lancé la Première ministre Beata Szydlo à la télévision. Elle a également déploré que le veto présidentiel ait "ralenti" la réforme et soit "peut-être incompréhensible pour ceux qui attendent le +bon changement+", mot d'ordre tiré de la dernière campagne électorale de son parti Droit et Justice (PiS).

Le veto "a été perçu comme un encouragement par ceux qui se battent pour maintenir un système injuste, le système des grands et petits abus et de l'oppression pour nombre de citoyens honnêtes", a-t-elle dit.

Mme Szydlo répondait au veto opposé lundi matin par le président polonais aux lois sur la Cour suprême et sur le Conseil national de la magistrature, une décision surprise qui a choqué le PiS, parti dont M. Duda est lui-même issu.

Les deux textes donnent un rôle accru au Parlement, donc à la majorité politique, et au ministre de la Justice, dans la nomination des juges. Ils ont provoqué des manifestations massives dans le pays et des menaces de sanctions sans précédent de l'Union européenne.

Le PiS justifie ces réformes par la nécessité de rationaliser le système judiciaire et de combattre la corruption de la "caste" des juges.

Lundi soir, la Première ministre a énuméré trois points que la réforme devra contenir, sans possibilité, selon elle, d'y déroger. Les juges soupçonnés de corruption "doivent partir". Des procédures disciplinaires doivent être introduites contre ceux qui s'en rendent coupables et qui sont "aujourd'hui pratiquement intouchables". Enfin, "les gens doivent reprendre le contrôle des tribunaux", a-t-elle ajouté, sans plus de précisions.

Immédiatement après son discours, la télévision publique a diffusé une adresse solennelle du président Duda. Il a réaffirmé que la réforme de la justice était nécessaire, mais qu'elle devait se conformer à la Constitution.

Lundi soir, une nouveau rassemblement devant le palais présidentiel réclamait "un troisième veto", celui-ci contre une loi sur les tribunaux de droit commun que M. Duda a décidé de signer. Un autre rassemblement se tenait devant la Cour suprême pour entendre sa présidente Malgorzata Gersdorf remercier les manifestants pour leur soutien.

via-sw/gde