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24/07/2017 12:36 EDT | Actualisé 24/07/2017 13:00 EDT

Nouvelle mise en garde contre une réduction de la vaccination contre la rougeole aux Etats-Unis

Même une faible réduction du taux de vaccination contre la rougeole aux Etats-Unis pourrait entraîner un triplement du nombre de cas, mettent en garde des chercheurs lundi.

Ils veulent ainsi décourager les Etats d'accorder des exemptions pour des convictions personnelles sur la nocivité des vaccins ou sur un risque d'autisme.

Ce débat a été relancé en France avec le projet du gouvernement de rendre obligatoire onze vaccins infantiles dont la rougeole, contre seulement trois aujourd'hui (diphtérie, tétanos et poliomyélite). L'initiative a été critiquée avec force par des parents hostiles à la vaccination.

La science est pourtant claire: un rapport de l'Institut américain de médecine en 2014 avait conclu que les vaccins "sont très sûrs sauf dans quelques très rares exceptions".

En outre, neuf études des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) effectuées depuis 2003 n'ont constaté "aucun lien entre des vaccins contenant du thimérosal (un antifongique) et l'autisme".

- Sonnette d'alarme -

Or une diminution de seulement 5% du taux de vaccination d'enfants de deux à onze ans contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR), triplerait le nombre annuel de cas de rougeole dans cette tranche d'âge, qui compte pour 30% des cas de rougeole constatés chaque année aux Etats-Unis, selon ces travaux.

"La rougeole serait probablement la première infection à provoquer une épidémie avec une diminution de la vaccination" en raison de sa grande virulence, explique Nathan Lo, un chercheur de la faculté de médecine de Stanford en Californie, un des auteurs de l'étude.

Les Etats-Unis comptent quelques dizaines à plusieurs centaines de cas de rougeole par an, souvent contractée à l'étranger.

Nathan Lo espère que ses résultats seront pris en compte par les politiciens locaux au moment de voter sur l'octroi d'exemptions de la vaccination pour des convictions personnelles.

"Je pense que notre étude est une sonnette d'alarme sur ce que nous pourrions connaître... avec la diminution du taux de vaccination qui se poursuit dans des Etats où des exemptions non-médicales sont permises sur la base de convictions personnelles", ajoute le Dr Peter Hotez, doyen de la faculté nationale de médecine tropicale à Houston (Texas) qui a dirigé l'étude.

La vaccination contre la rougeole, la rubéole et les oreillons est théoriquement obligatoire dans tous les Etats fédérés pour qu'un enfant puisse fréquenter une crèche ou la maternelle, mais elle est battue en brèche.

Selon les auteurs, 47 des 50 Etats acceptent les exemptions pour des croyances religieuses et 18 pour également d'autres convictions personnelles, selon les auteurs dont l'étude est parue dans le Journal of the American Medical Associations, Pediatrics.

"Notre contrôle de la rougeole est précaire actuellement car il dépend d'une très faible baisse de la vaccination", met en garde la Dr Yvonne Maldonado, professeure de pédiatrie à l'Université de Stanford qui n'a pas participé à l'étude.

La Californie avait éliminé ces exemptions ainsi que celles basées sur la religion en 2015 après une importante flambée de rougeole dont le foyer se trouvait dans le parc d'attractions de Disneyland.

La vaste majorité des Américains (83%) estime que la vaccination est sans risque pour les enfants en bonne santé tandis que 9% la jugent risquée, selon une enquête du Pew Center en 2015.

Mais le nombre de cas de rougeole augmentera fortement si la proportion des enfants vaccinés continue de diminuer dans des régions où le taux de vaccination est proche du seuil minimal pour empêcher une épidémie.

js/vog