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24/07/2017 17:09 EDT | Actualisé 24/07/2017 17:21 EDT

Lisée estime que le Québec est «moins libre juridiquement» qu'en 1967

MONTRÉAL — Le chef du Parti québécois (PQ), Jean-François Lisée, estime que le Québec est encore «moins libre juridiquement» aujourd'hui que le 24 juillet 1967, lorsque le général de Gaulle avait prononcé son fameux «Vive le Québec libre!» du haut de l'hôtel de ville de Montréal.

M. Lisée a fait ces commentaires en entrevue lundi soir à Montréal, tout juste avant un événement commémorant les célèbres paroles de l'ancien président français. Une centaine de curieux s'étaient déplacés devant l'hôtel de ville pour entendre des personnalités publiques lire des discours. Comme le cabinet du maire Denis Coderre avait refusé l'accès au balcon, les participants étaient massés devant l'hôtel de ville sous la pluie.

Le chef péquiste réagissait ainsi aux propos du premier ministre Philippe Couillard, qui a dit en entrevue avec le quotidien «Le Soleil» que le Québec était désormais «libre» 50 ans après cette déclaration.

M. Lisée croit que l'auteur de ces paroles aurait une tout autre interprétation.

Selon lui, M. de Gaulle, «un démocrate», serait «sidéré» de constater que la Loi sur la clarté du Canada donne au gouvernement fédéral «un droit de veto sur l'indépendance du Québec».

Selon le chef péquiste, le Québec «est plus fort» qu'en 1967, mais il est «moins libre juridiquement», ajoutant que la Loi constitutionnelle de 1982 a été adoptée sans le consentement de la province.

M. Lisée trouve que le premier ministre n'a pas bien compris les propos du général, qui souhaitait l'indépendance du Québec, a-t-il insisté.

L'ancien premier ministre Bernard Landry, qui était aussi présent à l'événement, croit lui aussi que le Québec s'est renforcé depuis cinquante ans, notamment dans les domaines économique et culturel. Mais il juge lui aussi que la province s'est affaiblie sur le plan juridique.

«Je l'ai vécu moi-même quand j'ai fait adopter (en 2002) une loi par notre Assemblée nationale à l'unanimité et la Cour suprême l'a démantelée par la suite», s'est-il désolé, faisant référence à la loi 104 pour contrer les «écoles-passerelles», qui avait été invalidée par le plus haut tribunal du pays en 2009.

Lisée déplore la «mollesse» du premier ministre

Jean-François Lisée reproche au premier ministre d'être «mou» et «faible» sur la politique d'affirmation nationale au sein du Canada, qui selon lui est teintée par le statu quo.

Au terme du Conseil de la fédération la semaine dernière, le premier ministre Couillard s'était réjoui que ses homologues des provinces aient bien accueilli ses propositions pour une éventuelle reprise des négociations constitutionnelles.

«Il leur a dit: rien ne va changer. Qu'est-ce que vous en pensez? Ils ont dit: c'est une bonne idée», a raillé le chef péquiste.

Il a souligné qu'aucun premier ministre n'avait montré d'ouverture à changer réellement la Constitution pour reconnaître la nation québécoise. «Ça, ce serait nouveau et intéressant», a-t-il soutenu.

Le chef souverainiste dit être capable d'obtenir des concessions pour le Québec dans un éventuel premier mandat — et ce, même si le premier ministre de la Saskatchewan, Brad Wall, a laissé entendre que l'ouverture des autres provinces s'expliquait par la position fédéraliste du premier ministre actuel.

«Les gouvernements de René Lévesque, de Lucien Bouchard, ont signé des ententes avec l'Ontario, le Nouveau-Brunswick et avec d'autres provinces. C'est ce qu'on fait pendant qu'on est dans la fédération», a-t-il indiqué.