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24/07/2017 10:13 EDT | Actualisé 24/07/2017 10:20 EDT

Le Portugal toujours en proie aux incendies, la polémique enfle

Le Portugal luttait toujours lundi contre plusieurs feux de forêt qui sévissent depuis dimanche dans le centre du pays alors qu'une polémique a éclaté sur le bilan officiel de 64 morts de l'immense incendie qui avait dévasté cette zone en juin.

Les feux mobilisaient dans la soirée plus de 3.000 pompiers appuyés par une vingtaine d'avions. L'incendie le plus important, qui s'était déclaré près de la ville de Serta, s'étendait désormais à la région de Santarem, endommageant plusieurs maisons sur son passage.

"Plusieurs villages ont été évacués et une route nationale qui traverse la zone a été fermée par précaution", a précisé à l'AFP une porte-parole de la protection civile, Patricia Gaspar.

"Les flammes avancent rapidement, attisées par le vent et les températures élevées", a déclaré Joao Lobo, le maire de la commune de Proença-a-Nova.

Ces feux de forêt interviennent alors que des voix se sont élevées pour contester le nombre de 64 morts divulgué par le gouvernement après l'incendie en juin à Pedrogao Grande, à une vingtaine de kilomètres de Serta.

Isabel Monteiro, une femme d'affaires de Lisbonne, a publié dimanche sur sa page Facebook une liste de 73 morts après avoir recueilli des informations auprès des pompiers, des familles de victimes et des pompes funèbres.

"On m'a dit de me taire car des intérêts nationaux seraient en jeu. Mais je ne veux pas vivre dans un pays où les intérêts de l'Etat valent plus que les vies humaines", a-t-elle déclaré au journal i.

L'hebdomadaire Expresso avait fait état samedi d'une 65e victime, une veuve de 71 ans, qui s'était fait renverser par une voiture alors qu'elle fuyait les flammes. Face aux suspicions, le ministère public a annoncé lundi avoir ouvert une enquête sur sa mort.

Pour les autorités portugaises, seules sont comptabilisées parmi les morts les personnes décédées par asphyxie ou des suites de brûlures.

Alors que l'opposition de droite a exigé que le gouvernement socialiste publie les noms des 64 morts, tenus secrets jusqu'ici, le Premier ministre Antonio Costa n'a pas fermé la porte à une réactualisation du bilan.

"Il y a une enquête ouverte par les autorités compétentes et si d'autres personnes sont identifiées, alors il y aura plus de victimes", a-t-il assuré.

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