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24/07/2017 06:00 EDT | Actualisé 24/07/2017 06:20 EDT

Le gendre de Trump interrogé au Congrès sur la Russie

Jared Kushner, le gendre et très proche conseiller de Donald Trump, était le premier membre du cercle rapproché du président américain à s'expliquer sur ses liens avec la Russie devant le Congrès lundi, à huis clos pour l'instant.

Il a nié toute collusion durant la campagne.

"Je n'ai pas commis de collusion et je ne connais personne d'autre dans l'équipe de campagne qui ait commis des collusions avec quelque gouvernement étranger que ce soit", a écrit Jared Kushner dans une note de onze pages à l'attention de la commission du Renseignement du Sénat, où il est arrivé lundi matin, dans une salle fermée au public mais cernée par les caméras.

Les élus voulaient interroger depuis longtemps cet homme discret de 36 ans, qui ne s'exprime jamais dans les médias. Son nom est apparu à plusieurs reprises depuis des mois, notamment en raison de rencontres avec plusieurs personnes russes durant la campagne et la transition présidentielle.

Jared Kushner confirme qu'il a bien vu l'ambassadeur russe aux Etats-Unis deux fois ainsi qu'un banquier proche de Vladimir Poutine, Sergueï Gorkov, à sa demande. Il se souvient aussi d'avoir participé quelques minutes à une étrange réunion avec une avocate russe organisée par son beau-frère, Donald Trump Jr., en juin 2016. Quatre rencontres au total, allant d'une minute à une vingtaine.

Mais il plaide une relative inexpérience et replace ces réunions parmi des milliers de rendez-vous, coups de fils et messages échangés dans une période frénétique.

Il raconte que lorsque son beau-père lui a demandé d'être le point de contact de la campagne pour les gouvernements étrangers, il a demandé conseil à Henry Kissinger. Au total, dit-il, il a eu plus d'une centaine de contacts avec des responsables de plus de 20 pays.

"Je n'ai pas eu de contacts inappropriés. Je ne dépendais pas de fonds russes pour financer mes affaires dans le secteur privé", martèle M. Kushner.

Et jamais, assure-t-il, la question des sanctions américaines contre Moscou n'a été évoquée. Son message, à chaque fois, a été de proposer un nouveau départ dans la relation bilatérale.

Enfin, il est vrai qu'il a demandé si le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, Michael Flynn, pouvait recevoir des informations militaires russes sur la Syrie depuis la ligne sécurisée de l'ambassade russe à Washington, mais selon lui, le but n'était pas d'établir une ligne secrète de communication. Il s'agissait seulement de rassurer les généraux russes. Finalement cette ligne n'a jamais été utilisée, écrit-il.

- Sanctions russes -

Avec Jared Kushner, mari d'Ivanka Trump, les élus se rapprochent non seulement de la garde rapprochée du dirigeant américain mais aussi du coeur de sa famille.

Il n'est pas le seul à intéresser les élus, qui enquêtent sur les ingérences russes dans la campagne et sur d'éventuels appuis aux Etats-Unis, notamment au sein de l'équipe de campagne du républicain. Ces enquêtes parlementaires s'ajoutent à celle du procureur spécial Robert Mueller.

Le fils aîné du milliardaire, Donald Jr., est actuellement en négociation avec le Congrès pour donner sa version des faits. Pour l'instant, il a réussi à éviter une audition publique, mais c'est l'objectif de nombreux parlementaires, démocrates comme républicains.

Il lui est reproché d'avoir invité à la Trump Tower cette fameuse avocate russe, Natalia Veselnitskaya. Elle lui avait été présentée par un intermédiaire comme porteuse d'informations compromettantes du gouvernement russe sur Hillary Clinton - bien qu'à la fin, elle n'ait apparemment pas été en possession desdites informations.

Paul Manafort aussi est appelé à témoigner au Congrès, mais cette séance publique n'a pas encore été négociée.

"Des assignations seront sans doute nécessaires pour forcer Trump Jr. et Paul Manafort à témoigner", a averti le sénateur démocrate Richard Blumenthal, membre de la commission de la Justice, lundi sur MSNBC.

La "chasse aux sorcières" dénoncée par Donald Trump se poursuit donc malgré les admonestations du président.

Il a tweeté lundi que les commissions, et son propre ministre de la Justice "assiégé", feraient mieux d'enquêter sur Hillary Clinton.

Mais au Congrès, les élus n'ont aucune tolérance pour la Russie.

Mardi, la Chambre des représentants votera ainsi pour imposer un nouveau train de sanctions contre Moscou, une initiative jugée "extrêmement négative" pour la relation bilatérale par le porte-parole du Kremlin.

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