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24/07/2017 09:48 EDT | Actualisé 24/07/2017 10:00 EDT

La province d'Idleb, une des dernières à échapper au régime syrien

La province d'Idleb, dans le nord-ouest de la Syrie, est une des dernières échappant encore au régime du président Bachar al-Assad après six ans de guerre.

Le 23 juillet, la ville d'Idleb est passée sous le contrôle de jihadistes après le retrait d'un groupe rebelle rival, permettant ainsi à l'ex-branche d'Al-Qaïda de dominer la province.

- Idleb dans la guerre -

La province d'Idleb a une importance stratégique, étant à la fois proche de la frontière avec la Turquie, pays favorable à la rébellion, mais aussi de la province côtière de Lattaquié, fief du régime et berceau de la famille du président Assad.

Proche de l'axe routier reliant Alep, deuxième métropole de Syrie, à Damas, la ville d'Idleb compterait aujourd'hui plus de 200.000 habitants.

Avant la guerre, la majorité des habitants de la province travaillaient dans l'agriculture, surtout dans la culture du coton et des céréales, ou à Alep.

En mars 2015, l'Armée de la Conquête (Jaich al-Fatah), une coalition composée de groupes rebelles islamistes comme Ahrar al-Cham, et jihadistes tel que le Front al-Nosra (rebaptisé depuis Fateh al-Cham), s'empare de la ville d'Idleb, à majorité sunnite.

Sa capture est un coup dur pour le régime car il s'agit de la seconde capitale provinciale à lui échapper, après Raqa, devenue le fief du groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Idleb et sa province vont être la cible répétée de raids aériens meurtriers de l'aviation syrienne et de celle de son allié russe, engagé dans le conflit depuis septembre 2015.

C'est dans cette province qu'ont été transférés des milliers de rebelles et leurs familles évacués d'autres fiefs insurgés, notamment de la province de Damas ou de la partie est d'Alep.

- 'Attaques chimiques' -

Le 4 avril 2017, au moins 87 civils, dont de nombreux enfants, sont tués dans une attaque chimique présumée sur la ville rebelle de Khan Cheikhoun (province d'Idleb), imputée au régime.

Avant cette attaque, la province a été visée par d'autres "attaques chimiques".

En octobre 2016, le Conseil de sécurité de l'ONU avait reçu un rapport confidentiel concluant que l'armée syrienne avait mené une attaque à l'arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas, un village de la province, en mars 2015.

Dans un précédent rapport, la commission d'enquête avait conclu que des hélicoptères militaires syriens avaient répandu du gaz de chlore sur au moins deux localités de la province, à Talmenes le 21 avril 2014 et Sarmine le 16 mars 2015.

- 'Guerre' au sein de la rébellion -

Fin janvier 2017, la province d'Idleb est le théâtre de combats sanglants opposant Fateh al-Cham à des groupes rebelles qui lui étaient jusqu'alors alliés, dans le cadre d'une guerre d'influence.

La rébellion se scinde en deux: des groupes insurgés qui rejettent un processus de paix en cours fusionnent avec Fateh al-Cham et la coalition prend le nom de Tahrir al-Cham, alors que d'autres ouverts aux négociations s'allient avec le groupe salafiste Ahrar al-Cham.

Le 18 juillet, des affrontements opposent Tahrir al-Cham à son ex-allié Ahrar al-Cham. Les affrontements éclatent notamment après qu'Ahrar al-Cham eut décidé de hisser le drapeau de la rébellion dans la ville d'Idleb, provoquant la colère des jihadistes.

Les 19 et 20 juillet, des combattants de Tahrir al-Cham ouvrent le feu sur des manifestants qui protestaient à Saraqeb contre la présence jihadiste.

Le 21 juillet, un accord de trêve est annoncé par les deux parties pour mettre fin aux combats qui ont fait plus de 90 morts en quatre jours.

Mais le 23 juillet, la ville d'Idleb passe sous le contrôle de Tahrir al-Cham après le retrait d'Ahrar al-Cham, permettant aux jihadistes d'imposer leur prééminence dans la province.

acm/iw