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24/07/2017 11:36 EDT

Il y a 50 ans, le général de Gaulle lançait son « Vive le Québec libre! »

Plusieurs activités de commémoration se déroulent au Québec pour souligner le 50e anniversaire de la visite historique du général Charles de Gaulle au Québec, le 24 juillet 1967, où il avait lancé le célèbre « Vive le Québec libre! » qui avait enflammé l'éveil nationaliste des Québécois.

Lors de ce voyage, le président français avait reçu un accueil triomphal des Québécois qui s’étaient massés le long du Chemin du Roy, aujourd’hui la route 138, entre Québec et Montréal, pour acclamer le chef d’État français sur son passage.

Reconstitution du trajet du général sur le Chemin du Roy

Pour marquer le coup, le Mouvement national des Québécois a organisé une reconstitution du trajet emprunté à l’époque par le général de Gaulle le long du Chemin du Roy.

La caravane historique s’est mise en marche vers 9 h 30, lundi matin, à Donnacona. Comme à l’époque, des arrêts ont été prévus dans les villes de Sainte-Anne-de-la-Pérade à 10 h 30, de Trois-Rivières à 11 h 30, de Louiseville à 14 h, puis de Berthier vers 15 h.

Le balcon de l'hôtel de ville ouvert au public

À l’hôtel de ville de Montréal, où le général de Gaulle a lancé son célèbre « Vive le Québec libre! » devant une foule en liesse, une exposition sur Charles de Gaulle a été organisée et le balcon duquel il a prononcé son discours sera ouvert aux visites du public toute la journée.

Le balcon sera ouvert de 11 h à 16 h 30 pour des visites commentées de 30 minutes, gratuites et sans réservation.

La SSJB persona non grata à l'hôtel de ville

La Ville a cependant créé une certaine controverse en refusant l’accès au balcon et à l’hôtel de ville aux membres de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB) qui désiraient y tenir une commémoration spéciale de l’événement cette année.

Aux protestations de la SSJB, le bureau du maire Denis Coderre a répondu qu’il refusait que le 50e anniversaire de cet événement historique soit utilisé à des fins politiques.

La SSJB propose en revanche une exposition sur la visite de Charles de Gaulle dans ses locaux de la rue Sherbrooke, à Montréal, ainsi qu’une commémoration du discours lundi soir, dans la rue Notre-Dame, devant l’hôtel de ville de Montréal.

Toujours en soirée, la Cinémathèque québécoise de Montréal présentera la projection des films documentaires réalisés en 1967 par les cinéastes Jean-Claude Labrecque et Claude Fournier qui seront tous deux sur place pour répondre aux questions du public et témoigner de l’événement.

Le Chemin du Roy

Arrivé à Québec à bord du navire de guerre français Colbert pour une visite très attendue au pays, le général de Gaulle, qui a contourné l’étiquette diplomatique en n’arrivant pas d’abord dans la capitale du Canada, a entrepris le 24 juillet 1967 de se rendre à Montréal à bord d’une voiture décapotable en remontant le Chemin du Roy, aujourd’hui la route 138.

Acclamé par des milliers de personnes qui se sont massées sur son passage, le général a reçu un accueil triomphal de la part des Québécois. Entre Québec et Montréal, le président français multiplie les discours. Plus la journée avance, plus ses propos cherchent à faire vibrer les sentiments des nationalistes.

C’est dans cette ambiance de fête qu’il est arrivé à Montréal, où il a été reçu par le maire Jean Drapeau, à l’hôtel de ville. Lors de cette visite, le chef d’État français décida de s’adresser à la foule en liesse venue le saluer à partir du balcon de l’hôtel de ville. Un discours empreint de fierté qui se soldera par un appel « Vive le Québec libre » qui résonne encore aujourd’hui et qui aura marqué l’histoire contemporaine du Québec.

Discours de Charles de Gaulle au balcon de l'hôtel de ville de Montréal, le 24 juillet 1967

« C'est une immense émotion qui remplit mon cœur en voyant devant moi la ville de Montréal... française. Au nom du vieux pays, au nom de la France, je vous salue. Je vous salue de tout mon cœur ! Je vais vous confier un secret que vous ne répéterez pas.Ce soir ici, et tout le long de ma route, je me trouvais dans une atmosphère du même genre que celle de la Libération.Et tout le long de ma route, outre cela, j'ai constaté quel immense effort de progrès, de développement, et par conséquent d'affranchissement vous accomplissez ici, et c'est à Montréal qu'il faut que je le dise, parce que, s'il y a au monde une ville exemplaire par ses réussites modernes, c'est la vôtre! Je dis c'est la vôtre et je me permets d'ajouter, c'est la nôtre.Si vous saviez quelle confiance la France réveillée, après d'immenses épreuves, porte maintenant vers vous. Si vous saviez quelle affection elle recommence à ressentir pour les Français du Canada, et si vous saviez à quel point elle se sent obligée de concourir à votre marche en avant, à votre progrès ! C'est pourquoi elle a conclu avec le gouvernement du Québec, avec celui de mon ami Johnson, des accords pour que les Français de part et d'autre de l'Atlantique travaillent ensemble à une même œuvre française.Et, d'ailleurs, le concours que la France va, tous les jours un peu plus, prêter ici, elle sait bien que vous le lui rendrez, parce que vous êtes en train de vous constituer des élites, des usines, des entreprises, des laboratoires, qui feront l'étonnement de tous et qui, un jour, j'en suis sûr, vous permettront d'aider la France.Voilà ce que je suis venu vous dire ce soir en ajoutant que j'emporte de cette réunion inouïe de Montréal un souvenir inoubliable. La France entière sait, voit, entend, ce qui se passe ici et je puis vous dire qu'elle en vaudra mieux.Vive Montréal! Vive le Québec!Vive le Québec... libre!Vive le Canada français! Et vive la France! »