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16/07/2017 17:45 EDT

Valérian, le grand rêve de Luc Besson

Valérian et la Cité des mille planètes, le nouveau film du réalisateur et producteur français Luc Besson, sort en salle vendredi. « C'est probablement le film de ma vie », estime le cinéaste au sujet de l'adaptation au grand écran des bandes dessinées signées Pierre Christin et Jean-Claude Mézières.

Un texte de Ronald Georges

« J’ai découvert le comic book quand j’avais 10 ans. À l’époque, il n’y a pas de télévision, ou il y a une chaîne en France. Les albums, c’est une porte ouverte sur la liberté, sur l’imagination, sur l’inconnu. Il n’y a pas Internet à l’époque. La seule source qu’on avait pour rêver, c’était ces comic books », expliquait Luc Besson, de passage récemment à Montréal.

Depuis sa création en 1967, les livres de la série Valérian, qui se déroule au 28e siècle, se sont écoulés à plus de 10 millions d'exemplaires et ont été traduits en 21 langues.

Le prolifique réalisateur (Nikita, Le Grand Bleu, Arthur et les Minimoys, etc.) a été patient afin de bien transposer l’univers des aventures des agents spatio-temporels Valérian et Laureline sur pellicule. L’élément déclencheur : la parution en 2009 d’Avatar de James Cameron l’a convaincu qu’il pouvait enfin concrétiser son rêve.

Le film n’était pas possible parce que, technologiquement, on n’était pas assez avancé pour le faire. Le film est maintenant possible grâce à la technologie inventée par Cameron.

Luc Besson

En conséquence, le budget du film – évalué à près de 190 millions de dollars américains – est à la hauteur de ce genre d'ambition.

L’intimité dans la démesure des effets spéciaux

Réaliser Valérian et la Cité des mille planètes a représenté un tour de force logistique, mais surtout technologique. Selon le cinéaste, Le cinquième élément comprenait 188 plans spéciaux, alors que Valérian en compte 2734. « Celui-là m’a pris à peu près sept ans de travail », précise Luc Besson, qui a récemment confirmé qu’il avait terminé d’écrire le deuxième film de la série et qu’il avait amorcé le troisième.

Même s’il réalise souvent des films d’action ou des longs métrages qui font appel à des effets spéciaux, Luc Besson tient à conserver une place pour les relations humaines dans ses productions.

Ce que j’ai essayé de faire avec Valérian, c’est Indiana Jones dans l’espace. Il y a ce côté presque un peu rétro des Aventuriers de l’arche perdue et, en même temps, on est dans l’espace avec des créatures. J’aime ce mélange des genres, ce mélange entre quelque chose de très humain – parce qu’en fait il essaie de draguer Laureline, elle ne veut pas, donc c’est très humain – et, en même temps, tout ce qui est autour est totalement fou. […] J’adore avoir une petite histoire dans une grande histoire.

Luc Besson

Dans ses films à grand déploiement remplis d’effets spéciaux, Luc Besson essaie « toujours de prendre le meilleur acteur, la meilleure actrice pour le rôle ». Il considère ainsi que Dane DeHaan (Valérian) et Cara Delevingne (Laureline) sont parfaits. On a pu voir Dane DeHaan dans L'extraordinaire Spider-Man 2 et Two Lovers and a Bear, et Cara Delevingne dans Anna Karénine et L'escadron suicide.

« Quand on a pu les mettre ensemble pour pouvoir discuter un peu, il y avait tout de suite une magie qui passait entre eux deux. […] Le couple est réussi. Cara est une vraie surprise dans le film. Elle est juste incroyable. »

Surprendre les créateurs de Valérian

Même s'ils n'ont pas travaillé sur le film, le scénariste Pierre Christin et le dessinateur Jean-Claude Mézières – qui était designer pour le film Le cinquième élément – ont été tenus au courant de la production.

Les créateurs de la BD étaient très émus la première fois qu'ils sont entrés dans le vaisseau spatial et encore plus quand ils ont rencontré les personnages, surtout Laureline.

« [Le vaisseau spatial] est en 3D; il existe, quoi. Eux, ils l’ont toujours fait en petits dessins. D’un seul coup, ils se sont retournés et il y avait Valérian et Laureline en costume. […] Alors là, ça a été un choc pour eux. D’un seul coup, avoir Valérian et Laureline qui parlent, qui leur posent des questions; ils étaient collés contre le mur du vaisseau et ils n'arrivaient plus à bouger. Ils étaient très très impressionnés, en fait. C’est là où je les ai vus le plus émus. »

Luc Besson leur a présenté ensuite une version presque complétée du film. « C’était très touchant de voir ces deux messieurs qui ont maintenant 80 ans. Cela fait 50 ans qu’ils écrivent Valérian et, à 80 ans, ils regardent sur un grand écran les aventures de leur héros. »

« Il fallait vraiment attendre que l’on puisse le faire proprement et bien, mais cela ne m’a jamais gêné d’attendre. »

Valérian et la Cité des mille planètes, en salle dès le 21 juillet. En projection spéciale à Fantasia, à Montréal, le 19 juillet.