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15/07/2017 15:43 EDT

Un projet immobilier suscite la grogne des Mohawks de Kanesatake

Un projet d'ensemble résidentiel dans un quartier d'Oka, situé en bordure de la pinède, épicentre de la crise d'Oka en 1990, a provoqué un tollé parmi les membres de la communauté de Kanesatake.

Si le maire de la municipalité d’Oka semble minimiser la grogne, évoquant un « feu de paille », ce n’est pas le cas du grand chef Serge Simon qui, lui, croit que la situation peut dégénérer à tout moment.

Pour le maire Pascal Quevillon, le projet immobilier qui n’a rien de nouveau ne risque pas de déclencher une nouvelle crise similaire à celle qui a secoué la région il y a 27 ans. Il s’agit d’un projet prévu dans terrain acquis par un promoteur privé qui date de 2003, a-t-il déclaré à La Presse canadienne.

Entre 20 et 30 terrains doivent toujours y être construits, selon l’édile municipal qui a précisé que le promoteur immobilier, Grégoire Gollin, s’est engagé à ce que le projet ne mine pas la protection de la pinède.

En revanche, la coupe d’arbres à la lisière de la pinède a déclenché, mercredi, une manifestation de membres de la communauté mohawk, à l’initiative de la militante Ellen Gabriel, a indiqué M. Simon.

Celui-ci a précisé que, selon des informations rapportées au grand chef, une trentaine d’arbres auraient été abattus dans le but de faire place à une ligne d’approvisionnement en électricité liée au projet immobilier.

Ce que n’a pas nié le maire qui parle de « quelques arbres » enlevés et un certain « débroussaillage », non sans préciser qu’aucun pin n’a été coupé.

« Malheureusement, ça a été des décisions administratives et le conseil municipal d'Oka n'a pas été consulté avant de couper ces arbres-là pour les besoins d'Hydro-Québec », a dit le maire Quevillon, qui déplore le fait que les élus municipaux n'aient pas été appelés à voter sur une telle question. Il affirme avoir été informé par courriel, la veille, que des arbres allaient être abattus.

Le grand chef qui n'était pas présent à la manifestation de mercredi n'a pas pu confirmer l'ampleur des coupes. Il soutient que sa communauté n'a pas été consultée par la municipalité dans le cadre du projet immobilier du domaine des Collines, n’excluant pas l’éventualité d’une demande d’injonction.

En 2015, au 25e anniversaire de la crise, la municipalité d'Oka et la communauté de Kanesatake s'étaient engagées à travailler ensemble pour protéger la pinède.