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Une Mi'kmaq surplombe Moncton grâce au festival Inspire

Une figure autochtone importante accueillera dorénavant les automobilistes qui arriveront à Moncton, au Nouveau-Brunswick, en passant par le campus universitaire. L'oeuvre représentant Molly Muise, une Mi'kMaq de la Nouvelle-Écosse, est peinte sur une façade du plus haut édifice de l'Université de Moncton, dans le cadre du festival Inspire.

Un texte de Catherine Dumas

Molly Muise, cette Mi’kMaq de la Nouvelle-Écosse dont la photographie est l’une des plus anciennes connue représentant un membre de la communauté autochtone, fera maintenant partie du paysage de Moncton.

Choisie à l’unanimité par un comité de l’université, l’oeuvre engagée de l’artiste britannique Wasp Elder arrive à point selon l’historien Maurice Basque. « Notre université a le discours sur la diversité, mais autre que le discours, il faut aller plus loin » dit-il.

Comme la plupart des lieux en Atlantique, le campus de Moncton a été construit sur des terres ancestrales Mi'kmaq, rappelle l'historien.

C’est une histoire qui est difficilement dissociable de la nôtre et on a avantage de part et d’autre à un peu plus se fréquenter, à mieux se connaître. On est quand même voisin depuis plus de quatre siècles.

Une oeuvre audacieuse

Il a fallu plus de temps que prévu pour que l’artiste entame sa murale. C’est seulement quatre jours après le début du festival Inspire qu’il a pu commencer.

La directrice générale des relations universitaires du développement philanthropique, Linda Schofield, explique que lorsque l’Université de Moncton a choisi l’oeuvre parmi celles proposées, elle se devait d’être prudente pour éviter de froisser les esprits.

« Tout de suite notre réflexion était, on ne peut pas aller de l’avant, avant d'avoir consulté les communautés autochtones pour avoir leur [accord] par respect pour leur culture » explique-t-elle.

La langue : un combat partagé

Maurice Basque croit que l’artiste Wasp Elder a visé juste. En plus d’ouvrir un dialogue et de rendre hommage à un peuple maintes fois négligé, l’historien croit que cet oeuvre rappellera aux Acadiens qu'ils mènent un combat semblable que les communautés autochtones.

« Une bonne partie d’entre eux sont en train de se battre pour préserver leur langue ancestrale. On connaît ce que ça veut dire le combat pour notre langue en Acadie. On devait être les premiers à appuyer les initiatives pour garder vivante leur langue », soutient-il.

Il faut revoir cette cohabitation et dépasser le simple discours pour en faire une chose plus intéressante et fructueuse.

À l'automne, l’Université de Moncton compte d’ailleurs mettra un écriteau pour expliquer la signification de l’oeuvre, afin que la discussion autour des communautés autochtones et acadiennes perdurent.

Le festival Inspire se poursuit jusqu'à dimanche. Les artistes participants réalisent une dizaine de murales dans les villes de Moncton, de Dieppe et de Riverview.

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