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14/07/2017 07:04 EDT | Actualisé 14/07/2017 07:20 EDT

Turquie: controverse autour d'affiches marquant le coup avorté

Des affiches marquant le premier anniversaire du putsch manqué ont suscité une controverse en Turquie où certains jugent que les images en question dénigrent l'armée.

Les affiches, qui portent le logo de la présidence turque, ont fait leur apparition ces derniers jours sur les panneaux publicitaires dans différentes villes turques à l'approche de l'anniversaire qui sera célébré samedi. Les dessins montrent des citoyens turcs confrontant des soldats putschistes le soir du 15 juillet 2016.

L'un des dessins montre un militaire les mains sur la tête, la détresse se lisant sur son visage, au moment où il fait face à une foule en colère.

Mais ces dessins ont déplu dans certains cercles dans un pays où l'armée, la deuxième de l'Otan, est considérée comme un pilier de la Turquie moderne.

Un porte-parole du principal parti d'opposition, le CHP, a ainsi dénoncé ces affiches, estimant qu'elle incitaient à l'"animosité envers l'armée".

"Ces soldats que l'on voit sur les posters ne sont même pas turcs. Ils ont utilisé des images de soldats trouvés sur des sites étrangers sur internet", a déclaré le porte-parole du CHP, Bülent Tezcan, jugeant les dessins "embarrassants".

Le parti de droite nationaliste MHP, pourtant allié du président Recep Tayyip Erdogan, s'est lui aussi élevé contre ces affiches. "Elles ne reflètent pas l'esprit du 15 juillet", a déclaré le député MHP Erkan Akcay.

La controverse a gagné aussi les réseaux sociaux avec des hashtag sur Twitter défendant les forces armées turques (TSK), comme "les TSK sont notre honneur" ou "les TSK sont notre fierté".

Le Premier ministre turc Binali Yildirim a rejeté les critiques vendredi, affirmant que les affiches "n'ont rien de dérangeant".

Il a affirmé que les soldats ayant participé aux tentatives de coup d'Etat "ne (représentaient) pas l'armée", mais étaient "des terroristes déguisés dans des tenues de soldats".

La tentative de putsch, qui a fait près de 250 morts, a été menée par des éléments factieux de l'armée. Le soulèvement a été imputé par Ankara au prédicateur auto-exilé aux Etats-Unis Fethullah Gülen, qui dément toute implication.

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