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14/07/2017 08:11 EDT | Actualisé 14/07/2017 08:20 EDT

Soldats allemands : nouvelles tensions entre Berlin et Ankara

La Turquie a bloqué vendredi une nouvelle visite de députés allemands à des soldats de la Bundeswehr stationnés sur son sol, Ankara invoquant la détérioration des relations bilatérales avec Berlin, a-t-on appris de source diplomatique allemande.

Ankara a demandé le "report" de la visite prévue lundi sur la base de l'Otan située à Konya (centre de la Turquie), où une trentaine de soldats allemands sont stationnés, la jugeant "impossible" en raison des "relations actuellement détériorées" avec Berlin, a indiqué dans un communiqué le ministère des Affaires étrangères allemand.

"Dans les faits, c'est la même chose que si l'on nous interdisait le droit de visite", a précisé à l'AFP Wolfgang Hellmich, président social-démocrate de la commission des affaires de défense du Bundestag, la chambre basse du Parlement allemand.

Le ministère des Affaires étrangères allemand a indiqué "avoir pris connaissance avec regret" de la décision d'Ankara et dit être "en discussion avec toutes les parties, y compris l'Otan, pour fixer dès que possible un nouveau rendez-vous" pour cette visite à Konya, où les avions de surveillance de l'Alliance atlantique Awacs participent à la coalition internationale anti-Etat islamique (EI).

Cette décision est une nouvelle illustration des tensions entre Ankara et Berlin, qui se sont accrues depuis le coup d'Etat manqué contre le président turc Recep Tayyip Erdogan le 15 juillet 2016.

Le gouvernement turc a interdit à plusieurs reprises que des députés allemands viennent visiter les 260 soldats allemands basés à Incirlik (sud) en soutien à la campagne de la coalition internationale contre l'EI.

Les députés ont pourtant l'obligation légale de visiter ces soldats, l'armée allemande étant étroitement contrôlée par la chambre des députés.

L'Allemagne a retiré ses troupes d'Incirlik début juin pour les transférer en Jordanie.

Samedi, à l'issue d'un entretien avec le président turc Recep Tayyip Erdogan en marge du G20 de Hambourg (nord), la chancelière Angela Merkel a dit avoir toujours de "profondes divergences" avec M. Erdogan, portant notamment sur les arrestations massives en Turquie à la suite de la tentative de putsch ou le retrait d'Incirlik.

Quelques jours auparavant, M. Erdogan avait déclaré dans l'hebdomadaire allemand Die Zeit que l'Allemagne commettait un "suicide politique" en lui interdisant de s'exprimer comme il souhaitait le faire en marge du G20 devant la communauté turque d'Allemagne, la plus importante diaspora turque au monde.

dsa/roc