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06/07/2017 10:48 EDT | Actualisé 06/07/2017 11:00 EDT

Une plaque en hommage à sept manifestants tués le 14 juillet 1953 à Paris

Une plaque en hommage à des manifestants pour l'indépendance de l'Algérie tués le 14 juillet 1953 a été dévoilée jeudi place de la Nation à Paris par Catherine Vieu-Charier, adjointe de la Ville de Paris chargée de la mémoire.

"Il ne peut y avoir de paix sans justice et nous souhaitons leur rendre justice aujourd'hui en gravant cette vérité", a déclaré la maire PS du 12e arrondissement, Catherine Baratti-Elbaz devant une cinquantaine de personnes.

Des militants indépendantistes du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) de Messali Hadj participaient ce jour-là au défilé de la gauche syndicale, une marche qui avait traditionnellement lieu depuis le début des années 1950 à la suite du défilé militaire de la Fête nationale.

Au moment de la dislocation de la manifestation, racontent les historiens ayant travaillé sur le sujet, la police parisienne a ouvert le feu sur ce cortège place de la Nation. Six Algériens et un membre militant CGT ont été tués.

Plus de 50 personnes ont été également blessées par balle, selon Daniel Kupferstein, réalisateur du documentaire "Les balles du 14 juillet 1953", invité pour l'événement.

"Il n'y avait aucune raison pour tuer des gens qui manifestaient pacifiquement alors que la guerre d'Algérie n'avait même pas encore commencé", s'est-il insurgé.

Ce fait historique reste largement méconnu en France comme en Algérie. Il est pourtant considéré comme "l'un des prémisses" de la guerre d'Algérie (1954-1962), a expliqué Mme Vieu-Charier.

Des familles des victimes sont aussi venues spécialement de l'Algérie pour l'événement. "C'est très important pour la défense des libertés publiques et la mémoire de l'Algérie comme de la France", a témoigné, ému, Farid Tala-Ighil, 53 ans, dont le père a été blessé lors de cette manifestation.

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