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06/07/2017 01:44 EDT | Actualisé 06/07/2017 02:00 EDT

Près de 20.000 civils restent pris au piège des combats acharnés à Mossoul

Les forces irakiennes s'acharnaient jeudi à chasser les derniers jihadistes de la vieille ville de Mossoul où jusqu'à 20.000 civils restent pris au piège des combats, plus de huit mois après le début de l'offensive pour reprendre la deuxième ville d'Irak.

Ces derniers jours, les autorités militaires et politiques irakiennes ne cessent de proclamer que la "victoire" est très proche à Mossoul, dont la reconquête infligerait un important revers au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

L'organisation ultraradicale responsable d'atrocités et d'attentats meurtriers à travers le monde avait conquis en juin 2014, à son apogée, la cité septentrionale avec d'autres vastes régions en Irak. Aujourd'hui, elle ne contrôle plus qu'un petit réduit dans l'ouest de Mossoul et quelques zones ailleurs dans le pays.

Dans leur dernier carré dans la vieille ville dévastée de Mossoul, les jihadistes continuent d'opposer une résistance farouche en lançant notamment leurs kamikazes, dont des femmes, contre les forces irakiennes.

"A ce stade il pourrait y avoir jusqu'à 15.000 civils, peut-être même 20.000, dans les dernières poches de la vieille ville", a déclaré jeudi à l'AFP Lise Grande, la coordinatrice humanitaire de l'ONU pour l'Irak.

- 'Civils en grand danger' -

Les civils sont "en grand danger, ils sont pris dans les bombardements et les échanges de tirs. Les jihadistes les ciblent s'ils cherchent à partir", selon Mme Grande. "Et leurs conditions de vie sont terribles" avec des pénuries de toutes sortes.

En plus de huit mois, quelque 915.000 habitants ont fui Mossoul, dont environ 700.00 sont toujours déplacés, a-t-elle ajouté. Ce chiffre "dépasse notre pire scénario".

Mme Grande a évoqué des destructions énormes dans l'ouest de ce dernier grand bastion urbain de l'EI en Irak. "Il y a 44 quartiers résidentiels, six ont été complètement détruits, 22 partiellement et 16 peu détruits".

Selon les estimations préliminaires, la réhabilitation des services de base, des infrastructures, du logement et de l'éducation à Mossoul-Ouest coûterait plus de 700 millions de dollars, selon elle.

Une reconquête de Mossoul constituerait la plus importante victoire des troupes irakiennes face à l'EI depuis le début de leurs offensives qui ont drastiquement réduit les territoires aux mains du groupe jihadiste.

De plus, Mossoul a une portée très symbolique pour l'EI, son très discret chef Abou Bakr al-Baghdadi, y ayant fait son unique apparition en juillet 2014. La Russie a affirmé en juin avoir probablement tué Baghdadi dans une frappe en Syrie mais personne n'a confirmé sa mort.

Soutenues par la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis, des dizaines de milliers de membres de l'armée, des unités d'élite et de la police fédérale ont lancé le 17 octobre la bataille de Mossoul. Ils ont pris en janvier l'est de la ville et pris d'assaut en février l'ouest.

Mardi, très confiant, le Premier ministre Haider al-Abadi avait félicité par avance les Irakiens "pour avoir réussi une victoire majeure à Mossoul". Et les commandants sur le terrain se disent près de la fin.

- Renforts en armes à Raqa -

Les forces irakiennes sont désormais à environ 200 mètres du fleuve Tigre, contre lequel sont acculés les derniers jihadistes retranchés dans des pâtés de maisons. Elles se déplacent par de petits passages aux trous creusés dans les murs des maisons, ou les fenêtres.

"Nos ennemis utilisent des kamikazes à pied, surtout des femmes. Ils attendent également dans les maisons et se font exploser ou ouvrent le feu quand nous y entrons", a indiqué un commandant irakien à l'AFP.

Alors que les civils continuent de fuir devant la progression irakienne, ils sont fouillés pour s'assurer qu'aucun kamikaze ne s'est glissé parmi eux.

La perte de Mossoul ne marquerait pas la fin de la guerre contre l'EI, qui contrôle encore des zones en Irak et en Syrie voisine où le groupe est confronté à une offensive dans son fief de Raqa (nord).

Jeudi, des combattants arabes et kurdes des Forces démocratiques syriennes (FDS), soutenus également par les Etats-Unis, faisaient face à une résistance acharnée des jihadistes dans la vieille ville de Raqa, dans l'est de la cité, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

"Les jihadistes font exploser des voitures pour repousser leurs adversaires qui se déplacent d'un bâtiment à l'autre dans leur lente progression en direction du centre-ville", a précisé l'OSDH, en soulignant que l'EI contrôlait toujours 70% de Raqa.

Selon l'ONG, les FDS à Raqa ont reçu un nouveau lot d'armements américains -véhicules blindés, munitions et armes.

Profitant de la guerre en Syrie et de l'instabilité politique et sécuritaire en Irak, l'EI s'est emparé en 2014 de vastes territoires en Irak et en Syrie, faisant de Mossoul et Raqa les principaux fiefs de son "califat" aujourd'hui en lambeaux.

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