NOUVELLES
06/07/2017 12:08 EDT | Actualisé 06/07/2017 12:20 EDT

G20: les Etats-Unis isolés sur le climat (Merkel)

Le sommet du G20 qui s'ouvre vendredi va souligner l'isolement des Etats-Unis sur le climat, "de très nombreux pays" étant déterminés à aller de l'avant avec l'Accord de Paris, a dit jeudi Angela Merkel.

"De très, très nombreux pays veulent continuer à appliquer l'Accord de Paris", a déclaré à la presse la chancelière allemande à la veille du sommet des dirigeants des vingt pays les plus riches de la planète à Hambourg.

Sur le climat, les discussions ne seront "pas faciles" avec les Etats-Unis, dont le président Donald Trump a annoncé en juin le retrait de l'accord international visant à lutter contre le réchauffement de la planète, a pronostiqué Mme Merkel, hôte du sommet.

"Et bien sûr nous n'allons pas masquer les différences mais au contraire les désigner, car il y a sur certaines questions essentielles des divergences d'opinion", a encore dit Mme Merkel.

Concrètement, les conseillers des dirigeants du G20, qui négocient depuis déjà plusieurs jours en vue d'aboutir à une déclaration finale du sommet, s'orientent vers un texte constatant le désaccord sur le climat, selon plusieurs sources proches des discussions.

Le texte final, susceptible encore d'évoluer, devrait souligner d'une part que l'Accord de Paris est "irréversible", alors que Donald Trump a plaidé pour une renégociation, souligne une de ces sources.

En outre, tous les pays du G20 autres que les Etats-Unis veulent réaffirmer dans la déclaration finale leur engagement à continuer à appliquer l'accord sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et "constater" le choix des Etats-Unis d'une autre voix.

Certains pays s'inquiétaient que l'Arabie Saoudite en particulier, un des premiers producteurs de pétrole au monde, ne se désolidarise au G20 des pays favorables à l'Accord de Paris, par souci de ne pas s'aliéner les Etats-Unis.

"On pouvait craindre que ça se disperse", a déclaré une des sources.

Sur le commerce, les discussions sont également difficiles en raison des velléités protectionnistes de la nouvelle administration américaine, qui menace la Chine de sanctions dans l'acier et l'Allemagne dans l'automobile.

Selon des négociateurs,il est peu probable que les Etats-Unis acceptent de souscrire au G20 à une déclaration condamnant explicitement le protectionnisme, comme ils l'avaient fait lors d'un récent sommet du G7 en Italie.

"Les pays du G20 ne sont pas ceux du G7", relevait une source proche des négociations, en référence principalement à la Chine, que les Etats-Unis mettent le plus souvent en cause en matière commerciale.

Les "sherpas" des dirigeants, ces conseillers chargés de négocier en coulisses, travaillent donc sur un texte de compromis qui soulignerait d'un côté l'importance du libre-échange mais reconnaîtrait aussi le droit pour un pays de se défendre commercialement en cas de pratiques illégales.

"Ce serait une première" si un terme évoquant des instruments de défense commercial apparaissait dans le communiqué du G20, soulignait une source proche des négociations.

ylf/fz/mr