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06/07/2017 07:25 EDT | Actualisé 06/07/2017 07:40 EDT

France: nouvelle prolongation de l'état d'urgence, jusqu'en novembre

Le Parlement français a adopté jeudi une sixième et, en principe, dernière prolongation de l'état d'urgence, jusqu'au 1er novembre, le temps de voter une nouvelle loi controversée qui doit en pérenniser certaines dispositions.

Après le Sénat mardi, l'Assemblée nationale a adopté cette nouvelle prolongation par 137 voix contre 13.

En vigueur depuis les attentats du 13 novembre 2015 (130 morts, plus de 350 blessés), soit un record de durée ininterrompue depuis la création de ce régime d'exception pendant la guerre d'Algérie, l'état d'urgence devait s'arrêter au 15 juillet.

Il permet notamment, sans feu vert initial d'un juge, des assignations à résidence, perquisitions, interdictions de cortèges, contrôles d'identité et fouilles de bagages et de véhicules, et des fermetures de lieux de réunion.

Avant le vote, le ministre français de l'Intérieur, Gérard Collomb, avait demandé aux députés de "soutenir massivement" une sixième et dernière prolongation de l'état d'urgence post-attentats, rejetant les critiques sur ce régime controversé qui permet, selon lui, de "préserver" les "libertés".

"La menace terroriste demeure à un niveau extrêmement élevé", a-t-il plaidé, assurant que "si l'état d'urgence n'a pas permis d'éradiquer la menace terroriste, il s'est révélé d'une grande utilité".

Le gouvernement a dû revoir son texte après une injonction du Conseil constitutionnel réclamant que des interdictions soient davantage limitées dans la durée et sur le territoire, et également davantage motivées.

La nouvelle loi en gestation, "renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme" et qui doit prendre le relais de l'état d'urgence, sera débattue au Sénat à partir du 18 juillet, puis en octobre à l'Assemblée nationale. Elle est contestée par des associations, des avocats et des magistrats.

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