NOUVELLES
06/07/2017 09:44 EDT | Actualisé 06/07/2017 10:00 EDT

"Biens mal acquis": la défense de Teodorin Obiang dénonce une "ingérence"

La défense du vice-président de Guinée équatoriale Teodorin Obiang a dénoncé jeudi une "ingérence dans les affaires d'un Etat souverain", au dernier jour du premier procès des "biens mal acquis" en France.

Le tribunal correctionnel de Paris rendra son jugement le 27 octobre.

Âgé de 48 ans, le fils du président Teodoro Obiang, ancien ministre de l'Agriculture et des Forêts promu vice-président par son père, est jugé pour blanchiment d'abus de biens sociaux, détournement de fonds publics, abus de confiance et corruption.

Mercredi, le parquet national financier a requis contre lui une peine de trois ans de prison, 30 millions d'euros d'amende et surtout la confiscation des biens saisis pendant l'enquête, qui dépassent les 100 millions d'euros.

Objets d'art, voitures de luxe et de sport, immeuble sis avenue Foch, dans l'un des quartiers les plus huppés de la capitale française: l'enquête avait mis au jour un patrimoine considérable.

Ses dépenses somptuaires en France étaient très éloignées du quotidien de son pays du golfe de Guinée, dont plus de la moitié des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Au terme de l'instruction, les juges ont estimé que son patrimoine ne pouvait avoir été financé par ses seuls revenus officiels, mais était issu "des détournements de fonds publics", de la corruption.

Savoir si ce que M. Obiang a fait "est légal dans son pays, on s'en moque !", a dénoncé Me Marsigny, pour qui "juger comme si les faits commis dans son pays l'avaient été sur le territoire français constitue immanquablement et incontestablement une ingérence dans les affaires d'un Etat souverain".

Au yeux de l'avocat, c'est une "sorte de compétence de juridiction universelle qui est donnée à la justice française", soulignant que "dans son pays", Teodorin Obiang a "le droit" d'être ministre et de passer des contrats. Il a en outre dénoncé une "campagne de diabolisation pendant les débats".

Quid des faits d'origine, qui auraient été commis en Guinée équatoriale ? "Vous n'avez que des ouï dire", a plaidé son confrère, Me Thierry Marembert.

"Vous n'avez aucune base légale ni factuelle pour entrer en voie de condamnation", a-t-il ajouté, "vous relaxerez notre client et mettrez fin à cette procédure", a-t-il avancé.

spe/blb/dab/lpt