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06/07/2017 11:14 EDT | Actualisé 06/07/2017 11:20 EDT

Balles perdues à Rio: un mort tous les trois jours (presse)

Soixante-sept personnes ont été tuées et près de 600 blessées depuis le début de l'année par des balles perdues dans les favelas de Rio de Janeiro, le plus souvent lors d'opérations policières contre les narcotrafiquants, soit un mort tous les trois jours.

Ces chiffres élevés ont été publiés par le quotidien O Globo jeudi, jour de l'enterrement de Vanessa, 11 ans, tuée d'une balle en pleine tête chez elle lors d'un raid policier à Lins, zone de favelas dans la nord de Rio. Le père de l'enfant a accusé la police d'avoir tué sa fille.

Sans confirmer la responsabilité de la police, le chef de la sécurité de Rio, Roberto Sá, a ordonné mercredi aux forces de l'ordre de "revoir les procédures, améliorer leurs règlements à la fois lors des opérations planifiées et les interventions d'urgence".

Selon O Globo, 632 personnes ont été atteintes à Rio par des balles perdues -soit en moyenne plus de trois par jour-- entre le 1er janvier et le 2 juillet, parmi lesquelles 67 sont décédées.

Le Secrétariat à la sécurité a indiqué à l'AFP ne pas pouvoir confirmer ces chiffres, faute d'un registre sur les victimes de balles perdues.

La plupart des homicides dans l'Etat de Rio ont lieu dans les favelas de la métropole où habitent près d'un quart de ses six millions d'habitants. Les favelas sont le théâtre de guerres de plus en plus sanglantes entre bandes rivales de trafiquants de drogue et d'interventions de milices paramilitaires.

A Rio, des applications de smartphone ont été récemment lancées pour permettre aux habitants de connaître en temps réel les zones de tirs et les éviter, telles Fogo Cruzado ("Tirs croisés") lancée par Amnesty International et une association, Onde Tem Tiroteio (OTT), créée par un groupe de citoyens en 2016.

Vendredi dernier, le comble de l'horreur avait été atteint dans la banlieue Nord de Rio lorsqu'un foetus a été touché par une balle dans le ventre de sa mère enceinte de neuf mois. Né par césarienne et touché au thorax, le nourrisson est paraplégique et était toujours hospitalisé jeudi.

Exaspérés par cette vague de violence, plusieurs centaines d'habitants de plusieurs favelas de Rio avaient participé dimanche à une marche pour la paix sur la célèbre plage de Copacabana, dans les quartiers favorisés de la ville.

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