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23/06/2017 20:08 EDT

L'école dans l'ombre des vacances d'été

Comme parent, il m'est difficile de préparer les vacances d'été qui s'approchent sans en même temps penser à la prochaine année scolaire. Mes enfants m'ont déjà apporté les consignes scolaires pour 2017-2018 et je continue de digérer les changements qui ont commencé à affecter les relations des parents avec les écoles, cette année.

Trois aspects retiennent mon attention : les frais scolaires, la question de l'identité sexuelle et les services de garde en période scolaire.

Baisse des frais scolaires

Combien vais-je payer l'an prochain pour la scolarité de mes enfants? J'espère que ça sera moins que les dernières années. Le gouvernement néo-démocrate a annoncé en mai la suppression des frais que les écoles demandaient habituellement pour les activités parascolaires. Plus tard, des subventions ont été promises pour alléger considérablement les déplacements des élèves dans le transport en commun.

Pour des conseils scolaires francophones, comme les miens, la situation ne va pas changer en ce qui concerne le transport, car les conseils l'offrent gratuitement. Pour le reste des activités parascolaires, les frais vont baisser sans pour autant disparaître. L'école Gabrielle-Roy, par exemple, demandera à l'inscription 95 $ à la maternelle et 75 $ de la 1re à la 6e année. L'école Nouvelle-Frontière de Grande-Prairie exige 85 $ de la maternelle à la 6e année, 125 $ de la 7e à la 9e année et 150 $ de la 10e à la 12e année. À l'école Notre-Dame d'Edmonton, les frais d'inscription sont de 125 $ à la maternelle et de 112 $ de la 1re à la 6e année. Ces exemples montrent que les besoins financiers des écoles demeurent et que la province n'en a pas fini d'imaginer des moyens d'alléger les dépenses scolaires des parents.

Identité sexuelle et parents

J'aimerais aussi surveiller de près l'évolution des relations des parents avec les écoles dans le débat public sur l'identité sexuelle des enfants. La communauté LGBT émerge de plus en plus et depuis 2016, la province a ordonné aux conseils scolaires d'instituer des politiques contre toute discrimination basée sur l'identité sexuelle.

Comme parent, j'apprends à aborder ces questions avec mes enfants, mais je souhaite développer des façons efficaces de le faire avec les écoles. Une chose me dérange cependant : les directives provinciales semblent interdire aux responsables scolaires de dévoiler aux parents ce que leurs enfants font à l'école dans la maturation de leur identité sexuelle. Les enseignants n'ont pas, par exemple, à dévoiler que tel élève ou tel autre fréquente une alliance d'élèves gais et hétérosexuels.

Sur cette question, les leaders politiques ont même des opinions variables. Le gouvernement néo-démocrate de Rachel Notley a réaffirmé qu'il revient à l'enfant de décider d'informer ses parents au sujet de sa participation à une alliance d'élèves gais et hétérosexuels. Le chef conservateur Jason Kenney a récemment indiqué que la province ne devrait pas dicter comment l'école informe les parents au sujet des activités auxquelles leurs enfants participent, incluant les alliances d'élèves gais et hétérosexuels. La position du chef du Wildrose a été moins claire là-dessus. Mais, qu'en pensent les parents ? Je ne crois pas les avoir entendus beaucoup là-dessus. Pourtant, une bonne communication entre les parents et les écoles fait partie des éléments clés du système éducatif albertain.

Des gains en garderie

Le dernier aspect qui m'intéresse, c'est la garde des enfants. L'an prochain, les parents albertains devraient pouvoir noter une différence dans leurs dépenses pour la garde d'enfants après les annonces provinciale et fédérale ce printemps. Quelques familles à faibles revenus pourront payer 25 $ par jour dans la vingtaine de garderies sélectionnées à travers la province dans le cadre d'un projet pilote. On peut aussi espérer que le gouvernement albertain aille plus loin, après l'annonce des fonds fédéraux de 7,5 milliards de dollars sur 11 ans pour créer un réseau national de garderies.

Mais, sans engagements explicites, ces améliorations risquent de rester modestes, voire marginales. En effet, la portée du projet pilote albertain est limitée et Ottawa ne peut imposer unilatéralement son intention dans le champ de l'éducation qui est de juridiction provinciale. Il y a donc aussi là des choses à surveiller.

Oui, chers parents, nous avons des vacances à écouler au soleil, mais la vigilance doit rester de mise au moins sur ces quelque trois aspects où des progrès ont été promis ... même si le chemin reste long à faire.