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20/06/2017 08:43 EDT | Actualisé 20/06/2017 09:00 EDT

Un avion américain abat un drone des forces prorégime en Syrie

Un avion de combat américain a abattu mardi un drone armé des forces prorégime en Syrie, le dernier incident en date entre les deux parties qui fait craindre une escalade dangereuse du conflit.

Cet incident est survenu après la destruction dimanche par un avion américain de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis d'un appareil de l'armée de l'aire syrienne dans le nord de la Syrie.

Alliée du régime syrien qu'elle aide militairement dans sa guerre contre les rebelles et les jihadistes, la Russie a dès lundi annoncé, en signe de représailles, la suspension de son canal de communication militaire avec les Etats-Unis en Syrie.

Elle a également affirmé qu'elle pointerait désormais ses missiles vers les avions de la coalition repérés à l'ouest de l'Euphrate.

Cette poussée de fièvre a poussé l'Australie, membre de la coalition internationale, à suspendre ses missions aériennes en Syrie, même si les Etats-Unis ont fait savoir qu'ils souhaitaient "parvenir à une désescalade de la situation" avec la Russie.

Mardi avant l'aube, un avion américain F-15 Strike Eagle a abattu un drone de fabrication iranienne Shaheed 129 après qu'il eut "montré une intention hostile", a indiqué la coalition dans un communiqué.

Les Etats-Unis avait déjà abattu un drone des prorégime il y a deux semaines dans la région d'Al-Tanaf. Ils avaient aussi bombardé ces dernières semaines des forces prorégime qui s'approchaient d'Al-Tanaf, où des forces spéciales américaines entraînent des groupes syriens luttant contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI).

"Etant donné les récents évènements, la coalition ne laissera pas les appareils des forces pro-régime menacer la coalition et ses forces alliées ou s'approcher étroitement de celles-ci", a déclaré la coalition.

L'ONU a mis en garde contre un risque "d'escalade militaire" en Syrie après cette série d'incidents.

- 'Dans la rhétorique' -

En détruisant l'appareil de l'armée syrienne dimanche dans la province septentrionale de Raqa, la coalition avait affirmé que l'avion visé avait bombardé des positions des Forces démocratiques syriennes (FDS).

Les FDS, une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les Etats-Unis, tentent actuellement de chasser l'EI de la ville de Raqa, principal fief du groupe jihadiste en Syrie.

"Si le régime syrien s'en prend aux forces qui nous aident à libérer Raqa, cela va être un problème", a indiqué à l'AFP une source diplomatique française. "Une attitude coopérative doit être préservée. Personne n'a intérêt à ce que ce soit le chaos".

Avant l'annonce de la destruction du drone mardi, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a jugé "très préoccupante la situation liée aux actions de la coalition", tout en refusant de commenter sur un éventuel risque de confrontation entre avions russes et ceux de la coalition dans le ciel syrien.

La Russie ne participe pas à la coalition internationale dont les avions ciblent principalement l'EI en Syrie depuis 2014. Elle dispose de systèmes de défense anti-aérienne S-300 et S-400 déployés en Syrie, ainsi que de dizaines de chasseurs et de bombardiers.

Selon la source diplomatique française, "on est (encore) dans la rhétorique. Personne n'a intérêt à ce que cela dégénère".

- 'Absolument illégale' -

Cette escalade des tensions survient au moment où les troupes syriennes se trouvent dangereusement proches de zones contrôlées par les FDS.

Le régime ne participe pas à l'offensive menée par les FDS pour s'emparer de la ville de Raqa mais veut parvenir à la province pétrolière de Deir Ezzor, située plus à l'est et contrôlée en majorité par l'EI.

Bien qu'elles luttent toutes les deux contre l'EI, les troupes du régime et les FDS sont des forces rivales et Moscou ne voit pas d'un bon oeil le soutien des Etats-Unis à cette alliance arabo-kurde.

S'exprimant sur la présence des forces américaines en Syrie, le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, l'a jugée "absolument illégale". "Il n'y a eu ni de décision du Conseil de sécurité, ni une demande de la part des autorités" syriennes.

Déclenché en mars 2011 par la répression de manifestations pro-démocratie, le conflit en Syrie s'est complexifié avec l'implication de différents acteurs régionaux et internationaux ainsi que des groupes jihadistes sur un territoire morcelé. Il a fait plus de 320.000 morts et des millions de déplacés.

bur-mer/tp