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20/06/2017 04:53 EDT | Actualisé 20/06/2017 05:00 EDT

Le pape François en pèlerinage dans le nord et le centre de l'Italie

Le pape François s'est rendu mardi en pèlerinage sur la tombe de deux prêtres italiens, figures marquantes, sociales et parfois dérangeantes de l'Eglise dans la péninsule d'après-guerre.

Le pape argentin est d'abord allé en début de matinée à Bozzolo, petite ville lombarde du nord de l'Italie, pour se recueillir sur la tombe du père Primo Mazzolari, mort en 1959.

Militant anti-fasciste puis résistant ayant caché des juifs et des partisans pendant la Seconde guerre mondiale, Don Mazzolari a marqué l'après-guerre par des appels à la paix et à la la justice sociale, qui ont souvent provoqué la colère de sa hiérarchie.

Il a même été un temps interdit de prêcher en dehors de son diocèse, et certains de ses livres ont également été mis à l'index.

En février 1959, trois mois avant sa mort à l'âge de 69 ans, Don Mazzolari a toutefois été reçu par le pape Jean XXIII, qui a salué en lui un prêtre inspiré par le Saint-Esprit.

"Don Mazzolari a été un prêtre convaincu que les destins du monde se jouaient à la périphérie", a déclaré Jorge Bergoglio, qui cherche régulièrement lui-même à aller au-devant de tous ceux qui se trouvant à l'écart ou en marge de l'Eglise et de la société.

Il a aussi salué en cet homme un "prêtre pauvre et non un pauvre prêtre, ce qui n'est pas la même chose".

Le pape François a ensuite gagné Barbiana, en Toscane, pour se recueillir devant la tombe du père Lorenzo Milani, connu pour son engagement en faveur de l'éducation.

Issu d'une famille agnostique et anticléricale, converti et entré au séminaire en 1943, Don Milani a été envoyé en 1954 dans cette bourgade de la région de Florence à cause de frictions avec sa hiérarchie.

Il y a fondé une école pour les classes populaires, avec des méthodes d'enseignement innovantes. Il est mort en 1967 d'un lymphome à l'âge de 44 ans.

Il voulait "rendre la parole aux pauvres, parce que sans la parole, il n'y a pas de dignité et donc pas non plus de liberté ni de justice", a expliqué le pape.

"Sans nier les amertumes et les difficultés" que Don Milani a dû affronter, la visite de l'évêque de Rome montre que "l'Eglise reconnaît dans cette vie un mode exemplaire de servir l'Evangile, les pauvres et l'Eglise même", a déclaré François en assurant prendre "modèle sur ce brave prêtre".

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