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20/06/2017 17:03 EDT

Elie Bouka poursuit son ascension avec les Cardinals

Diverses blessures et les différents dialectes de l'anglais américanisé ont quelque peu retardé la progression d'Elie Bouka dans l'organisation des Cardinals de l'Arizona.

Un texte de Félix St-Aubin

Le coup du sort a sévi à l'endroit du demi de coin lors des dernières années à des moments opportuns de sa carrière.

Une rupture au tendon d'Achille gauche l'a d'abord forcé de rater la totalité de la campagne 2015 avec les Dinos de l'Université de Calgary. Ladite déchirure est survenue à un bien mauvais moment puisque Bouka n'a pu fouler le terrain lors de la saison qui précédait son admissibilité au repêchage de la NFL.

Malgré tout, les Cardinals, tout comme plusieurs autres formations du circuit Goodell, ont cru bon de lui faire une offre de contrat au terme de l'encan amateur.

Mais quelque quatre mois après s'être associé aux Cardinals, le joueur autonome non repêché est de nouveau tombé au combat. Cette fois-ci, c'est une blessure à un tendon qui l'a contraint de regarder l'intégralité des rencontres de son équipe bien loin de la surface de jeu.

Bouka a repris du service aux activités d'équipe organisées (OTAs) et au minicamp obligatoire, qui se sont succédé au cours des cinq dernières semaines.

« Les entraînements se sont très, très bien passés, a-t-il commenté. C'est sûr que lorsque je suis revenu sur le terrain, il y a eu une période d'adaptation, mais tout va très, très bien. J'ai hâte pour la saison qui s'en vient. »

« Mon corps a tenu le coup, c'est bon pour ma confiance personnelle. Ça fait deux ans que j'ai beaucoup de blessures, donc quand je suis retourné sur le terrain et que j'ai pu faire des jeux, ça m'a fait du bien », a poursuivi Bouka.

Il n'y a pas que les blessures qui ont ralenti l'ascension de l'athlète québécois de 24 ans. La barrière de la langue a quelque peu complexifié ses rapports avec des membres de l'organisation.

Je parle l'anglais, je suis allé à l'Université de Calgary, mais [avec les Cardinals] il y a des gens qui proviennent de l'Alabama, de la Floride, de la Californie, avec tous des accents différents. Les mots et la manière de les prononcer ne sont pas les mêmes. À ma première année, ç'a été un peu plus difficile.

Le demi de coin Elie Bouka

« Comme j'ai eu à changer de position, il y a avait donc des termes que je ne savais pas. Lorsqu'on me l'expliquait avec un accent [quelconque], c'était un peu plus complexe [d'assimiler le tout]. Mais là, ça va mieux », a-t-il ajouté non sans fierté.

Un changement bénéfique

Durant la campagne 2013, Bouka a troqué son poste d'ailier éloigné pour celui de demi défensif. Le Lavallois est ainsi un néophyte dans l'art de couvrir les receveurs adverses, lui qui n'a pas encore disputé deux saisons entières à sa nouvelle position.

Toutefois, le produit des Nomades du Collège Montmorency est persuadé que cette conversion le mettra davantage en valeur, tout en le rapprochant un peu plus de son objectif d'agir à titre de partant dans le circuit Goodell.

« Quand on parle des concepts offensifs, j'ai un pas d'avance sur les autres parce que j'ai joué comme receveur et à l'attaque pendant la majorité de ma carrière, a-t-il expliqué. Je n'avais jamais pensé que mes atouts physiques me donneraient un avantage en défense plutôt qu'en attaque. »

Bouka allie deux attributs qui sont grandement recherchés par les dirigeants de la NFL pour les joueurs évoluant en tant que demi de coin : un gabarit avantageux et de la rapidité.

Celui qui appartient également aux Roughriders de la Saskatchewan est le prototype idéal pour un membre de la tertiaire en raison de ses 6 pi 1 po (1,85 m) et de ses 205 lb (93 kg).

Malgré sa forte charpente, il est doté d'une accélération bien au-delà de ce à quoi l'on pourrait s'attendre, comme en fait foi son chrono de 4,4 secondes pour franchir la distance de 40 verges.

Aux yeux de Bouka, ce sont ces deux éléments qui ont principalement convaincu les Cardinals de lui consentir un contrat et de ne pas couper les ponts avec lui lorsqu'il s'est blessé au cours du troisième match préparatoire contre les Texans de Houston, en 2017.

D'ailleurs, l'entraîneur-chef Bruce Arians désire ardemment que le demi de coin qui fera équipe avec la vedette Patrick Peterson, nommé meilleur joueur à sa position par ses pairs en vue de la prochaine campagne, affiche une stature imposante.

« Les attentes sont très élevées [lorsqu'on joue à ses côtés]. (...) J'apprends beaucoup, c'est un leader et il m'aide beaucoup. C'est un honneur d'être avec lui, mais ça vient avec beaucoup d'attentes », a noté Bouka.

Qui sait, peut-être que dans quelques mois les deux demis de coin formeront un tandem en amorce d'une rencontre de saison. Mais d'ici là, Bouka sera confronté à Justin Bethel, Brandon Williams et plusieurs recrues dans l'optique de décrocher le poste de deuxième partant.