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20/06/2017 13:52 EDT | Actualisé 20/06/2017 14:00 EDT

Election partielle test aux Etats-Unis, sur fond d'impopularité de Trump

Les républicains tentaient mardi de mobiliser leurs électeurs dans l'Etat américain de Géorgie pour sauver l'un de leurs sièges lors d'une élection partielle au Congrès, un scrutin très influencé par l'impopularité du président Donald Trump.

Toute la classe politique américaine avait les yeux rivés sur le demi-million d'électeurs d'une circonscription de la banlieue aisée d'Atlanta, dont le représentant républicain a démissionné pour devenir ministre de Donald Trump. Jamais depuis 1979 le "district" n'a été représenté par un démocrate.

Pour cette mission impossible, les démocrates ont choisi Jon Ossoff, 30 ans, au CV mince mais au charisme indéniable... et aux poches bien remplies. Des dizaines de millions de dollars venus de tout le pays ont abondé ses caisses, faisant de cette élection, pourtant en décalé du cycle normal, la plus chère de l'histoire des Etats-Unis.

"L'argent afflue de tous les côtés, c'est un peu devenu une course à l'armement", a reconnu cet ancien collaborateur parlementaire mardi sur CNN.

C'est cette déferlante de financement qui fait dire à son adversaire, l'ancienne secrétaire d'Etat de Géorgie Karen Handel, 55 ans, qu'il n'est que le candidat d'"Hollywood".

Le scrutin, qui pourrait être très serré, aura un retentissement national.

Le président américain y a consacré six tweets depuis lundi, appelant les républicains à serrer les rangs pour défendre son programme national de réformes.

"Karen Handel au Congrès. Elle se battra pour baisser les impôts, de bons soins de santé, une sécurité renforcée. Une travailleuse qui n'abandonnera jamais !" a-t-il écrit.

Le vice-président, Mike Pence, est allé en personne soutenir la candidate.

- Législatives de 2018 en vue -

"Le phénomène Trump est extrêmement dominant dans cette élection", explique à l'AFP Chip Lake, consultant républicain, qui souligne que ce genre de circonscriptions était jusqu'alors considéré comme un bastion.

"Si nous commençons à perdre ces sièges de banlieues de la classe moyenne supérieure dans le Sud, nous allons devoir commencer à réfléchir sérieusement à la façon de limiter la casse en 2018 avec Donald Trump comme chef du parti", poursuit-il.

Jusqu'à présent, depuis l'entrée en fonctions du dirigeant, les deux tentatives des démocrates pour dérober aux républicains un siège se sont soldées par des échecs, dans le Kansas et dans le Montana.

Mais dans ces deux scrutins, les marges de victoire des candidats républicains ont fondu comme neige au soleil par rapport aux élections précédentes.

L'opposition démocrate espère que cette circonscription de Géorgie sera un terrain plus favorable. Les habitants y sont plus diplômés que la moyenne, et donc sociologiquement moins enclins à soutenir Donald Trump.

Or le locataire de la Maison Blanche est le plus impopulaire, à ce stade de son mandat, de tous ses prédécesseurs dans l'histoire des sondages. Seuls 38% des Américains approuvent son action, et 56% désapprouvent, selon le baromètre quotidien de l'institut Gallup. Après sa prise de fonctions, il était à 45% d'opinions positives.

L'enjeu, pour les démocrates, est d'exploiter cette impopularité pour enclencher une nouvelle dynamique en vue des législatives de mi-mandat, en novembre 2018, lors desquelles toute la Chambre des représentants et le tiers du Sénat seront remis en jeu.

La reconquête de la Chambre paraissait encore impossible en 2016, même avec l'effet d'entraînement qu'aurait créé une victoire d'Hillary Clinton, beaucoup de démocrates croyant devoir attendre le prochain redécoupage électoral, en 2020, pour y parvenir.

Les républicains ont aujourd'hui une majorité de 238 sièges contre 193 démocrates (quatre sièges vacants). Les démocrates n'ont donc qu'une vingtaine de sièges à récupérer pour redevenir majoritaires. Tout le parti compte sur le jeune Jon Ossoff pour lancer le mouvement.

Les bureaux de vote fermeront à 19H00 (23H00 GMT) et les résultats devraient être connus dans la soirée.

ico/elc