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19/06/2017 20:45 EDT | Actualisé 19/06/2017 21:00 EDT

Dialogue sino-américain pour parler des pressions sur Pyongyang

L'administration américaine de Donald Trump recevra mercredi deux des responsables chinois les plus importants afin d'approfondir le dialogue entre les deux premières puissances mondiales et tester la volonté chinoise sur le dossier nord-coréen.

Le chef de la diplomatie chinoise Yang Jiechi et le chef d'Etat major de l'Armée populaire de libération (APL) Fang Fenghui sont attendus à Washington pour une rare rencontre à quatre avec le secrétaire d'Etat Rex Tillerson et le chef du Pentagone Jim Mattis.

Les efforts du président Trump pour rebattre les cartes de la diplomatie américaine ont donné des résultats contrastés. Mais les avancées réalisées avec la Chine sont un développement notable dont les responsables américains espèrent qu'il portera ses fruits.

En avril, Donald Trump accueillait le président chinois Xi Jinping dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride. La rhétorique hostile à la Chine entretenue pendant la campagne présidentielle laissait alors place à un réchauffement spectaculaire.

Le mois dernier, Pékin et Washington ont signé un accord, certes limité, d'ouverture réciproque de leurs marchés. Et Terry Branstad, gouverneur de l'Iowa et relation personnelle de Xi Jinping, a été confirmé par le Sénat au poste d'ambassadeur américain en Chine.

Mais des points de tension demeurent, particulièrement concernant la situation dans les eaux disputées de la mer de Chine méridionale. Surtout, les Etats-Unis voudraient que la Chine exerce une réelle pression sur le régime nord-coréen de Kim Jong-Un.

La Corée du Nord sera le principal dossier discuté lors de ce premier "dialogue diplomatique et de sécurité américano-chinois", a indiqué Susan Thornton, secrétaire d'Etat adjointe pour l'Asie-Pacifique.

"Nous continuons à demander instamment à la Chine de faire usage de son influence sans égal sur la Corée du Nord, en tant que plus grand partenaire commercial, y compris par la pleine application des sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU" destinées à empêcher le programme nucléaire nord-coréen, a-t-elle déclaré.

Malgré les sanctions internationales, la Corée du Nord a constitué un petit arsenal d'armes nucléaires et développe des missiles balistiques qui pourraient menacer le Japon, la Corée du Sud et peut-être un jour des villes américaines.

Les Etats-Unis ont environ 28.000 hommes stationnés en Corée du Sud et disposent d'une flotte puissante dans la région. Mais leurs moyens de pression diplomatiques et économiques sont faibles.

- Mort d'Otto Warmbier -

Le rapatriement la semaine dernière d'un jeune Américain de 22 ans détenu pendant un an par le régime de Pyongyang a encore accru la tension entre Washington et Pyongyang.

Otto Warmbier, arrêté pendant un voyage touristique et accusé d'avoir voulu voler une affiche de propagande, a été ramené aux Etats-Unis dans un coma profond, souffrant de très graves lésions cérébrales. Il est mort lundi auprès de sa famille, six jours après son retour aux Etats-Unis.

Donald Trump a saisi l'occasion lundi pour dénoncer le "régime brutal" nord-coréen.

Le milliardaire a fait de l'arrêt du programme nucléaire nord-coréen l'une des priorités de sa politique étrangère. Il a accepté de mettre en sourdine ses critiques sur les déséquilibres commerciaux pour obtenir l'aide de Pékin sur ce dossier.

Mais si la Chine a resserré son contrôle sur le commerce de charbon nord-coréen, principale ressource du régime, de nombreux experts estiment qu'elle n'est pas encore prête à prendre des sanctions qui menaceraient la stabilité de son imprévisible voisin.

"Nous allons nous concentrer sur la menace particulièrement urgente posée par la Corée du Nord", a dit Susan Thornton.

"Nous ne nous attendons pas à résoudre ce problème mercredi. Mais nous espérons que nous pourrons faire des progrès sur d'autres questions, comme les mesures de confiance entre les deux armées", a-t-elle ajouté.

Le général Joseph Dunford, plus haut gradé américain, a confié lundi qu'il était trop tôt pour juger de l'impact du sommet américano-chinois de Mar-a-Lago sur le régime de Kim Jong-Un.

Le Pentagone va maintenir des lignes de communication avec la Chine pour prévenir toute escalade en mer de Chine méridionale. Mais cette question restera distincte des efforts diplomatiques sur la Corée du Nord, a-t-il déclaré.

"Le secrétaire d'Etat Tillerson a dit que la coopération avec la Chine était l'élément-clé de tout succès dans la dénucléarisation de la péninsule" coréenne, a-t-il ajouté.

"La dimension militaire vient aujourd'hui en soutien de l'effort diplomatique et économique mené par le département d'Etat. En même temps, nous avons une position dans la région qui nous permet de dissuader KJU (Kim Jong-Un) mais aussi de répondre en cas d'échec de la dissuasion", a-t-il assuré.

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